BAH OURY : L’agenda a-t-il changé ?

Égal à lui-même, Bah Oury continue de se bercer de l’illusion qu’il a des chances de l’emporter dans la bataille qui l’oppose à Cellou Dalein Diallo pour le contrôle de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Mais entre cette impression triomphaliste qui continue de l’habiter et ses agissements sur le terrain, il n’y a surtout aucune concordance. Car désormais, alors que Cellou s’affirme plus que jamais comme leader légitime du parti, Bah Oury donne l’impression de se battre pour empêcher sa mort politique. Visiblement lâché par le pouvoir, l’ex-vice-président de l’UFDG est donc contraint de revoir ses ambitions à la baisse.

Hier une des personnalités dont l’avis et les opinions comptent, aujourd’hui Bah Oury est de plus en plus un individu comme tout autre. Exclu du parti qui légitimait ses prises de position et qui lui conférait l’envergure qu’il croyait à tort tirer de son aura personnelle, il est en plus privé de fait de ses moyens d’action. En fait, depuis le meurtre, le 5 février dernier, d’El hadj Mohamed Koula Diallo, aucun des deux camps ne peut plus recourir à la force physique. Or, l’affront physique est justement celui sur lequel Bah Oury comptait le plus pour semer la pagaille au sein du parti et s’en prévaloir pour ensuite réclamer la tête de Cellou Dalein Diallo.

Privé donc de ce formidable outil sur lequel il avait fondé tout son espoir et constatant l’essoufflement de l’intérêt des autorités vis-à-vis du contentieux entre lui et son frère ennemi, Bah Oury, de plus en plus esseulé donc, réalise qu’il risque de perdre jusqu’à son identité politique. Car en politique, si vous disparaissez des radars médiatiques, vous cessez d’exister. Or, en ce qui le concerne, il n’a plus aucun parti au nom duquel il pourrait s’exprimer. Et c’est pourquoi, dans un ultime geste qui en dit long sur son désespoir, il se lance en quête d’un local qu’il voudrait peindre aux couleurs de l’UFDG. Dans son imagination, ce serait là un siège parallèle d’où il gérerait les affaires courantes du parti. Sauf qu’aux yeux de la loi, l’UFDG tendance Bah Oury n’existe pas.

Aussi, au lieu de se lancer dans cette fuite en avant sans issue, il aurait mieux fait de se concentrer sur le volet judiciaire en espérant (ce qui n’est pas très évident) que la décision de son exclusion pourrait être invalidée. Auquel cas il pourrait revenir à l’intérieur du parti et susciter un congrès qui lui donnerait l’occasion d’affronter Cellou Dalein Diallo. Parallèlement, cette option n’étant pas des plus viables, il devrait envisager la création d’un nouveau parti, à l’image de Saliou Bella ou l’intégration d’une autre formation politique. Sinon, son étoile continuera à pâlir.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.