Bah Oury : le jeu malsain d’un jaloux inapaisé !

Bah Oury est originaire de Pita et Cellou Dalein Diallo de Labé. Les deux
hommes empruntent des chemins très différents : le premier s’érige en
figure de l’opposition sous Lansana Conté en fondant l’Organisation
guinéenne de défense des droits de l’homme (OGDH) en 1990, puis
l’Union des forces démocratiques (UFD), qui deviendra l’UFDG en 1991.

Le second, de six ans son aîné, dirige différents ministères de 1996 à
2004, année de sa nomination comme Premier ministre, avant de
devenir le président de l’UFDG, aujourd’hui première force politique
d’opposition, en un rien de temps. Depuis cette ascension fulgurante de
Dalein Diallo, Bah Oury a eu mal au cœur, voyant sa considération
subjective – rivalité Labé et Pita – se creuser davantage. Néanmoins, les
deux hommes ont pu tenir clopinclopant. Bah Oury sera même
condamné par contumace à la perpétuité, il s’installe à Toulouse, où
réside sa famille. Il y restera plus de quatre ans, sans remettre un pied
en Guinée. Une période d’isolement durant laquelle il estime ne pas avoir
été soutenu par Cellou Dalein Diallo, en dépit des 2 000 euros mensuels
versés. Bah Oury, le fougueux d’hier prônait littéralement la rupture avec
le régime d’Alpha Condé mais Dalein Diallo n’était pas de cet avis, encore
moins l’UFDG.

Plus le temps passe, plus Bah Oury conteste les décisions du parti il sera
finalement exclu pour insubordination. Alpha Condé lui tend la main et le
gracie. Dès lors, il a été pris comme un allié « en mission commandée ».
De fait, Bah Oury est passé de l’opposition la plus virulente au pouvoir à
une attitude plus conciliante. Il a été rappelé par Alpha Condé pour gérer
une commission liée à l’Education. Mais, très vite il comprit que Condé se
joue de lui, en lui confiant le sale boulot : désintégrer l’UFDG. Bah Oury

se prête au jeu malsain, mais, n’y arrivera point. Il s’est lâché de guerre
lasse.
Il en garde une grave rancœur contre Alpha Condé et certains caciques
du RPG. Au niveau de l’UFDG, même mépris, même rancœur incurable.
Les deux formations politiques qui tiennent l’échiquier national donc
dans le collimateur du rigide Bah Oury dont les ambitions restent de
sacrifier les deux formations politiques et se hisser à leur place. C’est
ainsi qu’au cours d’une de ses publications, il n’est pas allé par le dos de
la cuillère : « Le contexte actuel pousse le parti de Cellou Dalein Diallo et
celui d’Alpha Condé à coaliser pour faire face à la junte militaire. Leurs
intérêts en commun, c’est d’abord la CRIEF, la récupération des
domaines de l’Etat, les crimes de sang. Ce sont des facteurs qui ont
amené ces groupes à se retrouver. La durée de la transition qu’ils
brandissent n’est qu’un prétexte pour maquiller cela. »

Ce jeu malsain d’un jaloux inapaisé fait entrevoir des ambitions à peine
dissimulées : appartenir au prochain gouvernement de la junte et se
positionner politiquement, dans les prochains mois. Avec à la clé, une
réelle vengeance, en voyant bannis Dalein et Cie du landernau politique
guinéen. C’est du Bah Oury, pur et dur ! Il ne reste plus qu’à savoir si ce
chemin pris en pointillés mènera à bon port étant entendu que Bah Oury
échappe à la CRIEF, le crime de sang pourra bien le rattraper, car, son
nom est associé à la mort du journaliste Mohamed Diallo. Mais aussi aux
conséquences des marches politiques réprimées dans le sang. Comme
quoi, se taire aurait été la meilleure option qui vaille ! A moins que le
deal ne soit déjà acté du côté du CNRD.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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