Bakary Fofana part de la CENI: les comptes ont-ils été faits ?

Il a géré seul durant tout son magister. Souvent, sans compte rendus aux commissaires. C’est entre autres accusations portées contre Bakary Fofana, président déchu et débouté par la Cour constitutionnelle. Le vaste champ de ruines qu’il a abandonnées est actuellement récupéré par SalifouKébé, un des commissaires portés en triomphe par ses collègues.

Malgré qu’il ait été dégommé, Bakary a été fair-play. Cette attitude a été diversement interprétée. Les uns estiment, un genou à terre, Bakary a bien mordu la poussière, lui qui comptait sur la CC, s’est vu notifier de non suite favorable. Et pour une sortie honorable, il fait comme si, de guerre lasse, il a été juste un « bon perdant ». Les autres par contre voient dans ce faux fair-play, une fuite en avant pour atténuer les actions contre lui, à venir. Notamment, l’audit des comptes de la CENI. Des milliards GNF et de monnaies étrangères ont été brassés dans le cadre nous dit-on de l’organisation des élections présidentielles antérieures.

Dysfonctionnement et opacité ont toujours été les maux dénoncés par les opposants ainsi que certains commissaires. Du matériel roulant, des équipements informatiques, de l’immobilier, etc., tout a été acquis par la CENI. Celle-ci a été tout simplement jetée dans la gueule du loup. Et par le gouvernement et par le RPG. Bakary Fofana était visiblement sacrifié. « Mettons-nous d’accord qu’il faut que les manifs soient faites dans le respect de la loi, dans la sérénité et dans la paix. Et surtout faisons en sorte qu’il n’y ait plus de motif de manifestations en appliquant nos accords. Aujourd’hui il y’a des difficultés. L’opposition sait pertinemment que le gouvernement fait le maximum pour répondre à ses obligations dans le cadre de cet accord », plaide le porte-parole du gouvernement.

Et Damantang Camara d’enfoncer la CENI : « Il y’a un acteur qui est indépendant, qui aujourd’hui semble être à la traîne pour l’application de ces accord. Est-ce que c’est volontaire ou pas? Mais toujours ce n’est pas de la responsabilité du gouvernement. Nous faisons le maximum pour permettre à la CENI de remplir ses obligations et nous espérons que l’opposition va le comprendre également », a conclu le ministre au micro d’un confrère.

Comme si cela ne suffisait pas pour précipiter le départ de Bakary Fofana, le RPG à travers Damaro Camara charge : « Je crois qu’il y a longtemps que la CENI est secouée tant à l’extérieur que de l’intérieur. Je crois qu’il y a un problème de communication, un problème de responsabilité réelle des uns et des autres face à la mission qui leur est dévolue par le peuple de Guinée ou par la classe politique. C’est regrettable que les 25 personnes qui ont quelque peu le sort des millions de Guinéens qui ont dans leurs mains la paix et l’évolution de la démocratie passent leur temps à se tirer dessus. Et quand vous voyez profondément, ça n’a rien à voir ni avec la démocratie ni avec leur mission qui leur est dévolue. Alors là je regrette sincèrement. » Et mieux, « Notre CENI dans sa vie de tous les jours est lourde, son mode de fonctionnement est coûteux. »

 

On attend donc à ce que Bakary, avant qu’il ne soit nommé par Alpha Condé qu’il rende d’abord des comptes.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

 

 

 

 

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