Bangaly Kourouma : l’autre menace de la Constitution !

« La hiérarchie peut infliger une sanction administrative pour manquement à l’obligation de non-respect du caractère apolitique des forces de défense et de sécurité en vertu de l’article 141 de la Constitution pour éviter l’impunité et l’effet domino. Le procureur, protecteur de la société et empereur de la poursuite, peut mettre en mouvement l’action publique s’il estime cette initiative opportune avant que le juge ne statue sur l’objet de la saisine. » Ce long extrait de Mohamed Camara, juriste en dit long sur le danger que constitue Bangaly Kourouma, l’autre menace de la Constitution.

C’est certainement un policier mal en point, en rupture de ban ou en quête de poste, surtout que les décrets nommant aussi la Police à la tête des administrations centrales comme les Gouvernorats commencent à faire des émules et aiguiser les appétits. Bangaly Kourouma est cette autre honteuse voix dissonante qui promeut le 3è mandat d’Alpha Condé, alors que celui-ci peine encore et toujours à prendre ses marques depuis plus de six ans. Toute cette période en effet, on ne parle que d’élections, de dialogues politiques inter guinéens, de voyages intempestifs à des coûts de millions de dollars, de PPTE, de Kaleta, Souapiti, etc. Cet Alpha-là semble avoir son champ à planter ailleurs. Il a tenté de glisser sa volonté de modification de la Constitution, mais très vite, il se fait taper sur le doigt, puis il se ravise, du moins pour le moment. Il parait qu’il a des priorités pour faire avancer la Guinée…dans les airs en jet privé.

Moment mal choisi pour Bangaly Kourouma pour parler d’une présidence à vie. Chacun aurait souhaité une présidence à vue. C’est pourquoi, très vite, le parti au pouvoir a tranché dans le vif, en désavouant ce chercheur de poste : « Les propos tenus par Bangaly Kourouma ne sont que de lui, et ça n’engage que lui car, ils ne sont ni ceux d’un militant, ni ceux d’un sympathisant encore moins d’un haut cadre de la police. Cette question de troisième mandat n’est pas d’actualité au RPG Arc en ciel. Le parti présidentiel a aujourd’hui d’autres priorités auxquelles il accorde toute son attention », pouvait-on lire dans une déclaration, rendue publique par le RPG. Sale temps donc pour Bangaly, lequel court par ailleurs des sanctions.

En effet, selon Mohamed Camara, juriste et professeur d’Université, le caractère apolitique de la police doit strictement être respecté étant rappelé que les forces de défense et de sécurité sont républicaines. Elles sont au service de la Nation. Elles sont apolitiques et soumises à l’autorité civile, en vertu de l’article 141 de la Constitution, et nul ne doit les détourner à ses fins propres sous peine de s’exposer à la fois aux sanctions administratives de la hiérarchie et pénales. De toute évidence, poursuit-il, les responsables administratifs doivent cesser de violer l’article 26 de la Constitution en se montrant militants soit de la mouvance ou de l’opposition pour ne pas déteindre négativement sur la qualité du service. Pris dans l’étau, le flic tente une escapade mais, il est vite rattrapé. ‘’Touche pas à ma Constitution’’, pourrait-on s’exclamer !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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