Bantama appelle à la violence :Gassama, sévir et rebondir ou partir ?

Cela doit être le premier test de Gassama Diaby, surtout la provocation liée à un appel à la violence émane de la mouvance, en l’occurrence de Bantama Sow : «Si on vous provoque, ripostez. Enculez-les et n’écoutez pas les vieux abouliques. Vous aussi levez-vous et dites au gouvernement de prendre ses responsabilités. S’il refuse, ripostez. »

Pour un appel à la violence, c’en est absolument un. GassamaDiaby a donc de quoi s’occuper. Il doit sévir – sans trop savoir comment, parce que l’institution devant juger les ministres et autres hauts cadres civiles de l’Etat reste la Haute Cour de Justice que le président refuse toujours de mettre en place – pour se faire respecter mais surtout rebondir, après de longs mois de disette, suite à la tenue risquée mais réussie de la Semaine de la citoyenneté. Dans le cas échéant, il doit se casser et revenir à ses premières amours : activiste du respect des droits de l’homme. Il revient à Gassama de se trouver la bonne posture, la plus efficace mais surtout la plus historique : il s’agit de faire plier Bantama devant les Tribunaux donc montrer l’exemple à tous et puis, dissuader ceux qui sont encore portés sur les appels à la violence. Le contraire serait pour GassamaDiaby un aveu d’impuissance. Voire un affront. Ce qui serait synonyme, sous d’autres cieux de départ du gouvernement, pour laisser le champ libre aux pyromanes que sont Bantama et consorts.

Le ministre de l’Unité nationale a donc le choix et en temps détient les clés pour rentrer dans l’Histoire par la grande porte. Déjà, l’alerte est donnée. Gassama est sans équivoque : «Ces propos de Bantama sont graves, encore plus graves de la part d’un représentant de l’Etat. Ses propos sont injustifiables et inacceptables, quand on sait à quel point la violence dans notre pays a créé tant de victimes, de tristesses et de douleurs dans les familles et dans le pays, avec leur cortège de frustrations et de sentiments d’injustices. » C’est pourquoi, « Le mécanisme de veille et de surveillance annoncé au nom du chef de l’Etat et du gouvernement au peuple, et dans les partis politiques, s’appliquera… » Et de conclure : « Ses propos sont graves, anti républicains et inacceptables. »

Seulement, certains voient mal comment aboutira Gassama dans un pays où tout le monde est proche ou fils d’Alpha Condé. Déjà, Makanera émet le doute : « Un ministre a quelle qualité pour poursuivre un autre ministre ? C’est qui est bizarre, c’est de dire qu’il a constitué un pool d’avocats pour poursuivre Sow.»Gassama, lui rassure : « Nous ne laisserons plus rien passer de ce genre de propos et d’attitudes. Quel que soit l’auteur ou les auteurs, personne n’est au-dessus des lois. Personne, qu’on soit membre du gouvernement ou pas, responsable public ou politique, simple citoyen ou agent de sécurité.»

Et Gassama d’interpeller la Justice : « Il revient à la justice d’assumer sa responsabilité devant le peuple et pour le peuple.» Trop de discours de la part du ministre de la Citoyenneté, les Guinéens attendent beaucoup de lui, surtout de ses premières sensations, suite à cet appel à la violence de Bantama Sow. Gassama joue pour son avenir : réussir à faire plier son homologue ou quitter le gouvernement. Seules ces deux options sont synonymes de grande porte pour l’Histoire. Le contraire serait en faire tout un fromage.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

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