Bébés et vieux tués : Soul Bang’s provoque la rage

L’artiste guinéen de la musique urbaine Soul Bang’s se fait voix. Pas pour dénoncer les tueries aveugles. Pas pour s’exprimer au nom d’un parti politique, d’une ethnie. Encore moins pour chanter la paix. Mais, bien entendu taper dans le décor.

Son Tweet a agacé, déçu plus d’un mélomane, au moment même où des stars nigérianes – Davido et les autres – versent des larmes (douze civiles tués par des policiers) en interpelant le gouvernement de Buhari sur les usages excessifs de la force dans le maintien d’ordre. L’artiste guinéen quant à lui estime : « Vous nous comparez aux artistes nigérians qui ne mènent pas leur combat pour un parti, ils le font pour le peuple, alors que nous, on est divisé. Quand on vous parle d’union, vous dites qu’il n y a pas de paix sans justice, sans savoir ce que cela veut dire. »

Ce que Soul Bang’s oublie certainement, on peut chanter sans prendre la part de tel ou de tel. Sinon, il est juste coupable de complicité tacite face aux assassinats d’enfants, de mineurs. Face à des violences faites sur des femmes, des vieux. Face à des malades déjà alités. Etre aux côtés du peuple, c’est aussi dénoncer l’oppresseur, c’est sauver les victimes du chaos. Sinon qui ne s’est pas ému de voir des enfants de moins de 5 ans tomber sous les balles des forces de défense et de sécurité ? Ces enfants ont-ils une couleur ethnique, politique ou tribale à telle enseigne qu’ils ne méritent pas une réaction chez Soul Bang’s ? Décidément, la Guinée est malade de ses artistes.

Pauvre Soul !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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