Bolloré et le Port Autonome de Conakry : haro sur un abus de position dominante !

Il est inconcevable, voire même inadmissible que les autorités portuaires abandonnent ses pouvoirs régaliens sur une quelconque de ses activités entre les mains d’une société privée sans que la nécessité se fasse ressentir. Si cela était le cas, il faut obligatoirement une consultation préalable d’avec les opérateurs portuaires concernés ou intéressés par cette cession.

L’avis N°0688 du Port Autonome de Conakry  (PAC) en date du 30 juin 2014 démontre sans ambiguïté non seulement l’incapacité et l’incompétence de l’autorité portuaire à assumer ses devoirs régaliens, mais aussi exprime une violation des droits et son dédain en vers les différents opérateurs Roro du Port Autonome de Conakry  (PAC).

Cet avis n’est rien d’autre qu’une usurpation de fonds de commerce de société privée, par l’autorité portuaire en faveur d’une autre, lui donnant ainsi une position de monopole. Ce qui constitue un abus de position dominante. Cette attitude est condamnable devant n’importe quelle juridiction commerciale du monde. Il n y a à ce jour, une nécessité pour le Port Autonome de Conakry  (PAC)  de se débarrasser du trafic Roro, vers un terminal inapproprié. Si ce n’est que par appétit du gain et surtout pour des intérêts inavoués  et obscurs. Nous vous démontrerons tout le long de ce mémo les incohérences, incompétences et les violations des droits régissant le métier portuaire.

Pour commencer, prenons point par point l’avis du Port Autonome de Conakry  (PAC) :

  • Le trafic Roro sera définitivement supprimé sur le quai du terminal conventionnel le 31 octobre 2014
  • A compter du 1er novembre 2014, tous les navires Roro auront l’obligation d’effectuer leurs opérations de chargement et de déchargement dans l’enceinte du terminal conteneurs

Si ces deux points sont effectivement du ressort et des pouvoirs du Port Autonome de Conakry  (PAC), il est clair que cela aurait dû se faire dans la transparence avec une consultation ou information préalables des différents opérateurs concernés  et non de façon unilatérale. Cela doit être motivé par des raisons valables que le Port Autonome de Conakry  (PAC)  n’a pas à ce jour.

Si cette décision a été prise pour des raisons de sécurité qui en est responsable ?  Le Port Autonome de Conakry  (PAC)  ou les opérateurs ? Nous répondons par l’affirmatif que c’est le PAC seul qui est garant de la sécurité des usagers et des marchandises transitant sur ses espaces.

Si cette décision est liée au problème de manque d’espace, alors comment expliquer :

  • Que le Port Autonome de Conakry  (PAC) ait cédé tous les espaces destinés au trafic Roro à des industriels pour y construire des magasins ?
  • Que le Port Autonome de Conakry  (PAC) est toujours crié sur tous les toits que son terminal conteneurs était petit pour le volume de conteneurs Conakry et qu’il lui fallait une extension ? Ce qui a d’ailleurs amené la cession du premier terminal et la construction extension du deuxième qui est en cours… alors pourquoi y mettre encore les Roro ?  C’est incohérent !

Le but de la privatisation du premier terminal Conteneur, n’était-il pas de dynamiser  le trafic conteneurs sur Conakry et participer activement au trafic malien ? Bolloré Africa Logistics et le Port Autonome de Conakry  (PAC)  ont-ils échoué dans ces quêtes ? De toute évidence oui !

Du point de vue technique il est clair que pour les techniciens de notre corporation que la suppression (alors qu’il aurait fallu dire transfert…) du trafic Roro du terminal conventionnel vers le terminal conteneurs exprime une incompatibilité de genres. En effet, dans les tous les ports du monde, il y a une structure de cohérence dans la gestion des marchandises y transitant. C’est pourquoi, il est dit : terminal à conteneurs, terminal conventionnel, terminal Roro, terminal vrac, terminal pétrolier, terminal industriel, etc.

Le Port Autonome de Conakry  (PAC)  et son partenaire Bolloré Africa Logistics sont-ils en surcapacité et veulent-ils, après achèvement du second terminal Conteneurs, faire du premier un terminal Roro ? Quid ! Pour un port qui se veut sérieux et digne d’attirer du trafic, surtout dans un monde concurrentiel (Dakar et Abidjan, pour ne citer que ces ports voisins, …), tentera, de développer différents terminaux, ceci, afin de renflouer les finances de son pays.

On ne mélange pas les genres différents. La séparation des genres exprime un gage d’une bonne gestion qui attirera les investisseurs portuaires et les pourvoyeurs de trafics que sont les armateurs Il faut rappeler que les conteneurs et les véhicules  ne sont pas compatibles dans le même terminal

Il reste inexplicable pour les professionnels du métier qu’un navire Roro pouvant également transporter du conventionnel (ce qui est souvent la cas), puissent charger et décharger ces marchandises sur deux terminaux distincts. Quid des coûts s’y afférents !

  • Tous les véhicules, engins et marchandises débarqués sur les quais de Conakry terminal resteront stationnés sur le terminal jusqu’à présentation de leur autorisation de sortie.

Bolloré Afica Logistics a-t-il obtenu une convention Roro avec le Port Autonome de Conakry  (PAC) ? Si oui, aucun opérateur portuaire n’en a eu connaissance…

Quid des Roro déjà stockés sur le terminal conventionnel avant application de cet avis du Port Autonome de Conakry  (PAC) ?

  • Je tiens à préciser que ce présent avis ne concerne pas la consignation
  • Il ne concerne que la manutention des navires Roro et du stationnement de leurs cargaisons

Que fait-on des agréments de manutention et de consignation accordée aux opérateurs portuaires Roro par le ministère des Transports via la Marine marchande, donc, par l’Etat guinéen ?

Que fait-on des contrats d’agences (consignation et manutention navires…) signés par ces opérateurs avec les armateurs Roro qui stipulent entre autres : que ces derniers sont responsables du chargement et du déchargement de leurs navires à Conakry ?

L’autorité portuaire oublie-t-elle qu’il est très difficile, voire même impraticable ou incompatible dans notre métier qu’il y ait deux opérateurs sur le même navire ? Oublie-t-elle l’adage qui dit : il ne peut y avoir deux commandants dans le même bateau ?

Non ! Elle ne l’oublie pas,  elle fait sciemment de l’oublier. Sachant que cela viole toutes les règles du métier. Le but est de donner un monopole de fait, à la société qui exploite le terminal conteneurs, en se réfugiant derrière une convention, qui à notre connaissance ne supprime  pas la manutention Roro, et n’est pas une convention Roro.

  • Pour toutes informations complémentaires les opérateurs concernés devront prendre contact avec Conakry terminal chargé de la mise en œuvre du présent avis.

Pourquoi est-ce que les opérateurs Roro doivent-ils prendre contact avec Conakry terminal chargé de la mise en œuvre de cet avis ? Sur la base de quel contrat ou de quelle convention ? Si cela concerne le contrat de convention du terminal à conteneurs signé le 11 mars 2011, il faudrait que le PAC revoie sa copie. Pourquoi ? Parce que l’avenant N°1 signé du 26 avril 2011, dans son article1 stipule : « L’intitulé : la convention portant concession du terminal à conteneurs, de son extension, du terminal conventionnel au port de Conakry d’une plate-forme de stockage et d’un port sec à Kagbelin signée entre les parties, le 11 mars 2011 est désormais modifiée comme suit : « convention de cession du terminal à conteneurs, de son extension d’une plate-forme de stockage et d’un port sec à Kagbélin. De quel droit donc est-ce que Conakry terminal aurait sur le transfert de cargaisons du terminal conventionnel vers le terminal conteneurs ? Est-ce que le Port Autonome de Conakry  (PAC)  pense que c’est l’article 6 (nature et activités concédées) qui donne droit à Bolloré Africa Logistics de chiper le trafic Roro aux autres opérateurs ? Non, nullement ! Cela peut être interprété également  comme étant la possibilité pour Bolloré Africa Logistics  d’opérer ses propres navires de Roro (ce qu’il fait déjà avec ses armateurs K-line, Mitsui OSK) dans sa concession ou son périmètre d’activité Bolloré Africa Logistics n’est-il pas possédant au même titre que les autres opérateurs portuaires d’un agrément de manutention délivré par la même autorité ? Bolloré Africa Logistics  peut-il être juge et partie ?

  • Je sais compter sur l’esprit de compréhension et de collaboration de tous

De quel esprit de coopération parle-t-on quand on spolie les intérêts des uns aux profits d’un seul opérateur qui est Bolloré Africa Logistics ? Que fait le Port Autonome de Conakry de plus de 1 500 emplois directs et indirects liés à ce trafic depuis plus de 2O ans ? C’est tout simplement détruire les emplois et des familles ainsi que l’économie du pays puisque 80%  des marchandises importées et exportées passent par le même port ? C’est tout simplement une attitude irresponsable. C’est pourquoi, cet avis doit être purement et simplement annulé par les autorités supérieures qui, du reste, gardent un silence coupable.

La Rédaction de Kabanews

  1. dabo dit

    I think the government knows exactly what is happening, but if this decision stays. It will cost them dearly. There is going to be blood shed.

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