Boursiers guinéens au Maroc : Un lauréat dénonce la haute magouille au sommet de l’Etat

Arrivé 9ème de la République dans la série Sciences Sociales, un lauréat perd sa place au profit d’une fille qui est la 27ème de la République, dans l’octroi des bourses marocains.

Sékouba Kamano, bachelier du Lycée régional d’application Gamal Abdel Nasser de Faranah, dénonce sur sa page facebook, la haute magouille au sommet de l’Etat.

« J’ai été 9e de la République. Dès après la proclamation des résultats, mon frère qui avait été en 2015 le 1erde la République au Baccalauréat en Sciences sociales m’a mis en contact avec Moussa Keita, le 1er de la République de cette année. J’étais en contact permanent avec ce dernier.

Quand j’ai été classé 9e, mon beau a appelé le Service national des bourses extérieures. On lui a dit que chaque année, le Maroc accorde des bourses à 60 lauréats toutes options confondues. En principe, ce sont les 20 premiers de chaque option qui devraient en bénéficier. Mais le gouvernement guinéen prend 30 en sciences mathématiques, 20 en expérimentales et 10 en Sciences sociales. On a dit à mon beau de se préparer 5 millions de francs guinéens pour le billet d’avion et 500 dollars pour mon argent de poche. », a-t-il révélé.

Et le jeune bachelier de poursuivre : «  A ma grande surprise, la liste des lauréats est sortie mardi, mon nom n’y était pas. Quand j’ai reçu la liste, je l’ai comparée à la liste des 10 premiers au Bac, option SS. Moi qui suis le 9e de la République, j’ai remarqué que j’ai été remplacé par une certaine Aissatou Sy, classée 27e de la République. Vous imaginez ? » s’interroge-t-il.

A-t-il saisi les autorités ? Kamano répond : « Vendredi, mon beau a appelé le ministre de l’Enseignement pré-universitaire, Ibrahima Kourouma qui lui a dit qu’il n’est pas concerné par l’octroi des bourses. Il a dit que ce n’est pas son problème, d’aller à la présidence de la République. », a-t-il laissé entendre.

Après le passage du jeune Sekouba sur les ondes de Nostalgie FM hier vendredi la réaction de certains site Internet qui ont fait échos de cette magouille,  c’est seulement le plus jeune député de la Guinée honorable Habib Baldé qui pour l’instant a pris l’affaire du jeune KAMANO orphelin de père et de mère aux sérieux afin qu’il soit rétablit dans ses droits. Le jeune député nous indique sur sa page Facebook qu’il s’est personnellement rendu chez les autorités compétentes pour des explications. Après cette rencontre entre le député et les responsables chargés des bourses voici les explications de Habib Baldé sur sa page Facebook :

 

« Ce matin, j’étais à la direction nationale des Bourses Extérieures pour comprendre pourquoi le jeune #KAMANO classé 9ème de la République n’a pas pu été boursier.
Les explications données sont les suivantes:
1- Tout lauréat n’est pas forcément boursier;
2- le choix des boursiers n’est plus décidé par l’Etat Guinéen à travers la Direction Nationale des Bourses Extérieures mais par les Marocains.
3- Pour les sciences sociales, seuls les 10 lauréats ont eu droit aux bourses et parmi ces 10, choix a été fait sur les 8 premiers tous des garçons et les 2 premières filles lauréates d’où la non obtention de la bourse d’études pour le jeune #KAMANO qui fut 9ème.
4- Un autre critère rentre en compte, celui des moyennes obtenues par chaque lauréat afin de déterminer les orientations dans les différentes universités marocaines.
A titre d’exemple d’après les explications données, même la première en Sciences Expérimentales ( qui n’est pas guinéenne) n’a pas eu droit à la bourse marocaine.

Personnellement j’ai suggéré aux responsables en charge des Bourses Extérieures de communiquer sur le processus de choix des boursiers.
Ensuite, de voir dans quelle mesure l’Etat devrait prendre en charge les frais de leurs études dans des universités à l’étranger.
Suis allé jusqu’à la présidence de la République pour porter la voix de ces jeunes lauréats.
Et j’espère que dans les jours à venir, une solution idoine sera trouvée pour redonner de l’espoir à nos lauréats », explique le jeune député qui a pris l’affaire au sérieux.

En attendant la suite de ces démarches du député, le jeune Kamano n’a que des yeux pour pleurer.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

 

 

 

 

 

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