Bruxelles continue de baser sa stratégie anti-Covid sur plusieurs vaccins

L’Union européenne a passé des précommandes auprès d’autres firmes et n’exclue pas d’autoriser les vaccins russe et chinois contre le coronavirus.

Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, ouvre une porte vers l’homologation de nouveaux vaccins en Europe :

« Si les producteurs russe, chinois ouvrent leurs dossiers, montrent de la transparence, toutes leurs données (…), alors ils pourraient avoir une autorisation conditionnelle de mise sur le marché comme les autres ».

Ses propos rejoignent ceux de la chancelière allemande, Angela Merkel, dans une interview accordée à la chaîne ARD :

« Nous avons toujours dit que nous appliquerions les recommandations de l’Agence européenne des médicaments. J’en ai discuté avec le président russe : nous avons reçu des résultats encourageants, y compris pour ce qui est du vaccin russe. Tout vaccin est bienvenu dans l’Union européenne mais seulement ceux qui apportent les résultats nécessaires pourront être homologués par l’Agence européenne. »

Trois vaccins, plus un, plus deux ?

Jusqu’à présent, les autorités européennes se targuaient de ne pas transiger sur la sécurité sanitaire et seuls trois vaccins, ceux élaborés par Pfizer/BioNTech, Moderna et AstraZeneca, ont été autorisés par l’Agence européenne des médicaments.


Mais des précommandes ont été passés auprès de trois autres firmes : l’allemande CureVac, l’américaine Janssen et la française Sanofi. Voir la vidéo 04:38

Covid-19 : tout un arsenal pour affronter le virus

Cliquez sur le lien pour lire la vidéo:

https://www.dw.com/fr/bruxelles-continue-de-baser-sa-strat%C3%A9gie-anti-covid-sur-plusieurs-vaccins/a-56442506

Le laboratoire allemand BioNTech a indiqué qu’il allait accélérer ses livraisons à l’Union européenne pour atteindre jusqu’à 75 millions de doses au deuxième trimestre 2021.


Les laboratoires britannique GSK et allemand CureVac annoncent qu’ils vont unir leurs moyens pour tenter de développer un vaccin contre les nouveaux variants du coronavirus d’ici l’année prochaine.


Mais l’Europe géographique reste la zone où le nombre de décès est le plus important au monde (747.887 morts au 3 février). Or seuls 2,3% de la population européenne ont pu être vaccinés à ce jour et 12,7 millions de doses ont été administrées.

L’Union européenne a misé sur une mutualisation des commandes, ce qui lui a permis de négocier de meilleurs prix mais a ralenti les livraisons et l’administration des doses à leurs bénéficiaires.


En Allemagne, le vice-chancelier Olaf Scholz, qui sera le candidat tête de file du SPD aux élections de septembre, a critiqué cette stratégie européenne trop lente à son goût. Dans une interview à la Süddeutsche Zeitung en début de semaine, il regrette :

« Concernant l’achat des vaccins, c’est la Commission qui a négocié. Or, si la Commission nous avait demandé plus de moyens financiers, nous aurions donné l’argent nécessaire. »

Les fabricants ont également eu officiellement des problèmes pour livrer les doses commandées aux Etats européens. Mais les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, livrés plus vite que les autres, ont accepté des prix plus élevés et des conditions juridiques moins contraignantes sur la responsabilité des laboratoires pharmaceutiques.

Alors les besoins en vaccins sont criants et les critiques nombreuses sur la lenteur des opérations de vaccination.

Les vaccins chinois et russe pourraient être autorisés par l’Agence européenne du médicament

Succès du Spoutnik V

Si les Européens restent méfiants vis-à-vis du vaccin russe, Spoutnik V, ce dernier a pourtant été jugé efficace à plus de 91% par la revue The Lancet contre les formes symptomatiques de la Covid-19, et il représente désormais une alternative pour accélérer le processus de vaccination.

Les 40.000 premières doses de ce vaccin sont arrivées mardi en Hongrie, premier pays membre de l’Union européenne à l’avoir autorisé. Ceci sans attendre l’avis de l’Agence européenne des médicaments.

En tout, Spoutnik V a été autorisé à la mise sur le marché dans 17 pays. En Afrique, l’Algérie et la Tunisie notamment misent sur ce vaccin développé en Russie. Le Nicaragua vient d’annoncer qu’il l’autorisait aussi.

Inspection à Wuhan

En Chine, une dizaine d’experts de l’OMS ont obtenu, après plus d’un an d’attente, l’autorisation de visiter les laboratoires de l’Institut de virologie de Wuhan.

Les autorités chinoises insistent sur le fait qu’il s’agit d’une « mission de recherche » et non d’une enquête. Pékin continue en effet d’affirmer que la Covid-19 a été importé en Chine.

La pandémie comme « chance »

Quoiqu’il en soit, plusieurs dirigeants politiques ont publié une tribune dans la presse, appelant à saisir l’occasion de la pandémie pour changer la donne politique internationale.

Angela Merkel et d’autres est signataire de cette tribune, tout comme le président français Emmanuel Macron.

Selon eux, le monde pourrait changer de visage après la Covid-19 et la crise actuelle donne « l’opportunité d’obtenir un consensus sur l’ordre mondial, grâce à une coopération efficace, à la solidarité et à la coordination » de l’action politique.

Vaccination en Afrique

Plusieurs pays africains ont eux aussi commandé des doses de vaccins. C’est le cas notamment de l’Afrique du sud. Ces quantités de vaccins sont cependant insignifiantes par rapport au nombre des personnes qui auraient besoin d’une injection.

Jean-Luc Stalon, docteur en Sciences politiques et représentant-résident du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) au Cameroun, le déplore.

Ecoutez ci-dessous comment, au micro d’Eric Topona, il plaide pour une acquisition équitable de vaccins, notamment dans les pays africains à faible revenus.

https://www.dw.com/fr/bruxelles-continue-de-baser-sa-strat%C3%A9gie-anti-covid-sur-plusieurs-vaccins/a-56442506

Source:dw.com

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