Bruxelles: Dr Ousamane Kaba présente le PADES et évoque les raisons profondes de son choix politique

Dr Ousmane Kaba, ancien allié du Pr Alpha Condé, et désormais leader du PADES, a rencontré le Samedi 21 mai 2017, à l’hôtel Thon, à Bruxelles des guinéens majoritairement acquis à sa cause. L’occasion pour celui qui se réclame être un des fondateurs du RPG-Arc-En-Ciel, la coalition au pouvoir en Guinée, de présenter son nouveau parti et les raisons qui ont motivé son choix politique.

Il est revenu à Dantily Camara, un des organisateurs de cette rencontre de souhaiter la bienvenue à Dr Ousmane Kaba à Bruxelles dans la capitale européenne pour présenter son nouveau parti et échangé avec des guinéens de Belgique et de la Hollande.  » Aujourd’hui, les guinéens sont encore très faiblement associés à la gestion de la chose publique, en dépit de la proclamation de la démocratie et de l’état de droit. La venue du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) dans l’arène politique et l’envergure de son président sont une source de fierté et surtout d’espoir pour bon nombre de nos compatriotes. « 

Avant de terminer, M. Camara a souligné:  » En cette période d’incertitude pour nos compatriote, mes vœux, mes espoirs et encouragements sont pour l’engagement des fils de Guinée en vue de son émergence et de l’exercice du pouvoir à tous les niveaux du PADES. Avant de terminer, je voudrai demander aux guinéens de ne jamais désespérer, la récompense est au bout de l’effort. Le nouveau président français Emmanuel Macron vient de nous démonter cela avec brio. Nous ne devons jamais prendre l’échec d’homme ou d’un groupe d’hommes, comme une preuve de malédiction. L’espoir est permis. »

Suivra M. Abraham Diallo, modérateur de la cérémonie, qui a tenu à remercier M. Kaba Bachir, expert-comptable à Bruxelles qui s’est investi beaucoup pour l’organisation de la présente rencontre. Ensuite M Diallo est brièvement revenu sur le parcours du conférencier.

 » Dr Ousmane Kaba est diplômé des gestions des projets à l’université Harvard des Etats-Unis en 1992 ;

En 1981 – 1983 Doctorat d’Etat, Sciences économiques à l’université de Paris Panthéon Sorbonne avec mention honorable avec félicitations du jury.

Expériences professionnelles :

De 1983 à 1986 économiste au FMI à Washington ;

1986 à 1995 conseillers du gouverneur et directeur de change à la Banque Centrale de la République de Guinée ;

1992 coordinateur du programme des réformes économiques de la Guinée ;

1995 opérateur privé et fondateur du complexe scolaire et universitaire Koffi Annan, professeur de politique économique à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry ;

1996 à 1997, ministre de l’économie, des finances et du plan ensuite ministre du plan et de la coopération pendant sept mois.

Depuis 1997, gestion de l’université.

2010 candidat à l’élection présidentielle en république de Guinée ;

2011 à 2012 conseiller stratégique à la présidence de la république chargée des questions avec la Chine.

Depuis 2013 député à l’assemblée nationale, président de la commission de l’économie des finances, du plan et de la coopération.

Et maintenant président du parti PADES »

Les raison d’une tournée

Après avoir remercié les organisateurs de son meeting, Dr Oumane Kaba a d’abord expliqué les raisons de sa présence à Bruxelles, dans un long réquisitoire contre le régime de son ancien allié le Pr. Alpha Condé, tout en évitant de le nommer à certains moments :  » Je suis entrain de faire une tournée pour parler du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES), mais en fait c’est pour parler de la Guinée. Puisque quand on fait un parti politique, ce n’est par un parti pour le parti, c’est pour sortir un pays d’une situation extrêmement grave.

Cette tournée m’a conduit sur le continent Américain aux Etats-Unis… et nous sommes revenus en Europe et c’est la première réunion cette après-midi dans la belle cité de Bruxelles, capitale de l’Europe, et je vous remercie tous d’avoir fait le déplacement pour nous écouter, parler du nouveau parti, de sa vision, de sa stratégie, mais surtout de la Guinée d’abord. Parce que les guinéens, contrairement à ce que l’on peut penser, sont des grands patriotes, surtout les guinéens de l’extérieur. Vous savez la Guinée est un pays extraordinaire. C’est un pays qui a tous les atouts du monde, si bien en ressources humaines, en ressources agricoles, en hydroélectricité, façade maritime…

La Guinée a tout, mais en même temps, la Guinée 60 ans après l’indépendance est comptée parmi les pays les plus pauvres d’Afrique et du monde. C’est ça la paradoxe guinéen. Alors pourquoi nous sommes dans une situation comme celle-ci ? C’est extraordinaire, je l’ai dit, c’est vrai. Nous avons eu un départ un peu difficile, une indépendance qui a coûté cher à la Guinée. Parce qu’elle a été mise au banc de la des Nations de l’époque, dans les années 58. Nous avons eu une génération qui s’est battue pour nous donner l’indépendance, génération à laquelle nous rendons hommage, parce que nous bénéficions de cette indépendance aujourd’hui. Mais ensuite, nous avons eu des régimes qui ont duré 24 ans, 30 ans, ça fait toute une génération. Nous avons eu beaucoup de mal gouvernance jusqu’en 2010 nous nous sommes tous battus pour le régime pluraliste, pour la première fois démocratique par les urnes, et aujourd’hui nous sommes en 2017 encore plus déçus qu’au paravent. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi on ne s’en sort pas ? Parce qu’il y a ce que j’appelle la mal gouvernance. Mal gouvernance politique, surtout mal gouvernance économique, dans tous les compartiments de la vie publique. « 

Pourquoi le Parti des Démocrates pour l’Espoir et quel est son agenda ?

« Pourquoi un nouveau parti politique maintenant ? Quel est l’agenda du PADES pour renverser cette situation ? Il y a une chose que j’aimerai dire, pour nous la politique ne sert qu’à une seule chose : relever le niveau de vie du guinéen. Tout le reste c’est des discours inutiles. Si on crée un parti politique, c’est pour prendre le pouvoir. Si on prend le pouvoir c’est pour changer la Guinée. Mais changer et donner un contenu réel. Le contenu c’est la prospérité économique de la Guinée. Il est inacceptable que l’on végète tout le temps dans la misère, dans la pauvreté alors que nous avons tous les atouts et toutes les compétences matérielles et humaines. C’est cela l’objectif essentiel du Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) c’est développement économique de la Guinée. « 

Les défis de la Guinée

« Le premier problème que nous avons à résoudre, c’est d’abord le défi de la pauvreté. Lorsque nous disons que le Guinée est pauvre, c’est qu’elle est réellement pauvre. Nous avons une croissance économique qui est proche de zéro. Bien sûr il y a eu récemment EBOLA, qui a complètement anéanti la croissance économique, mais lorsqu’on prend son envol on dépasse jamais les 4 à 5% de taux de croissance. En fait, la Guinée est un pays qui n’a jamais atteint 10% de croissance économique. Or il faut un minimum de 7% de croissance économique pendant au moins 10 ans pour double le PIB, le produit intérieur brut. C’est à dire le revenu du pays.

En fait la Guinée a les potentialités pour faire une croissance de 10%… Lorsqu’on parle de la Guinée pays émergent, entant qu’économiste je rigole. La Guinée n’est pas du tout un pays émergent. Au contraire la Guinée est un pays qui s’enfonce dans la misère chaque jour. Par ce que la Guinée ne produit pas suffisamment de biens et de services.

La croissance est pratiquement nulle. En 2016, peut-être on aura 4% de croissance. Donc la reprise est lente. Voilà le premier défi que nous avons. Le deuxième défi, c’est le chômage massif des jeunes. là c’est vraiment le désespoir total, et les deux sont liés. Quand il n’y a pas de croissance économique, il ne peut pas y avoir de création d’emplois. Tous les jeunes guinéens sont au chômage. Il n’y a aucun espoir aujourd’hui.

Chaque fois qu’on parle de chômage en Guinée, on parle de l’éducation, de l’adéquation de la formation et de l’emploi. Je suis d’accord, mais ce n’est qu’une partie du problème. Nous les économistes, on a toujours l’offre et la demande. Donc on ne peut pas se baser d’un côté. Ce n’est pas seulement que les guinéens sont mal formés, même si cette formation effectivement est à améliorer, mais il n’y a pas d’offres d’emploi, il n’y a pas d’entreprises. C’est aussi simple que ça. Et qui crée les entreprises ? c’est secteur privé. Parce que l’Etat n’emploie pas.

Les emplois que donne l’Etat, c’est ce qu’on appelle les fonctionnaires. Ils sont entre 100 et 150 mille personnes. Cela veut dire que tout le reste de l’emploi doit être crée par le secteur privé. Alors comment on peut faire le secteur privé lorsqu’on s’acharne à détruire le secteur privé ? En Guinée aujourd’hui, malheureusement, il y a guerre totale contre le secteur privé, et dans tous les secteurs. Vous avez tous entendu parler de la guerre contre les universités privées ? Pourquoi on n’en parle ? Parce que les universités privées ont des milliers d’étudiants. Mais en fait la guerre c’est contre tout le secteur privé. Vous avez des entreprises, pour le cas pratique, qui font fait le travail pour l’Etat, à l’occasion des fêtes tournantes de l’indépendance. Tout le monde est au courant de ça. Eh bien ces entreprises ne sont pas encore payées… Donc ces entreprise-là vont mourir de leur belle mort. Autrement dit, les relations financières budgétaires entre l’Etat et les entreprises, c’est le cimetière des PME en Guinée. C’est la même chose. On s’acharne contre les universités privées sans investir dans universités publiques…. La Guinée a des problèmes, parce que le deuxième défi, on ne pourra pas le relever. C’est le problème de chômage. Un chômage massif. Ceux qui sont en Guinée n’ont pas d’emploi. Ceux qui veulent quitter ici pour aller là-bas n’auront même d’emploi.

Le troisième défi, c’est le défi des infrastructures. Des routes, des ponts, des chemins de fer, les écoles etc. Mais ça veut dire aussi la santé et l’éducation. La guinée aujourd’hui n’a aucun moyen de financer ses infrastructures. Tout le monde connaît aujourd’hui l’état calamiteux de nos routes. En Guinée aujourd’hui, il n’y a pratiquement pas de routes. Pourquoi ? Comment on construit les routes ? Les routes coûtent très chères. 1 Km de route bien fait coûte entre 1 millions et 1 et demi de dollar. Cela veut dire que si vous voulez faire 200 à 300 Km de route, minimum vous devez payer 500 millions de dollar. 500 millions de dollars, c’est la totalité du budget d’investissement de la Guinée.

Le budget guinéen c’est 1500 milliards de Fg. 1000 milliards de budget de fonctionnement, et 500 milliards le budget d’investissement. Ça fait un 1 milliards et demi d’euro. Cela veut dire que si vous devez financer votre route de Conakry à Mamou, si vous voulez financer sur la totalité du budget, ça va prendre les 2/3 du budget d’investissement. Alors qu’il faut financer les investissements : les écoles, les centres de santé, l’agriculture etc.

Cela veut dire que la Guinée n’a pas les moyens de finances ses routes pars ses propres ressources. Mais ce n’est pas la Guinée seule. Le Mali n’a pas les moyens de financer ses routes ses propres ressources, la côte d’Ivoire n’a pas les moyens de finances les routes par leurs propres ressources, le Sénégal non plus. Donc pratiquement aucun pays ne peut financer ses infrastructures par ses propres moyens. Conséquences, quand on veut financer ses infrastructures, il faut faire le financement extérieur. Or ce financement extérieur en Guinée, et dans tous les pays d’ailleurs, obéit à trois étapes :

L’étude du projet. L’étude de faisabilité économique et technique permet de préciser les détails techniques de l’exécution et donne un prix indicatif.

Deuxième étape, on fait un appel d’offres, pour choisir l’entreprises moins disant, et qui a la capacité technique d’exécuter l’ouvrage.

Et troisième étape on met un bureau de contrôle international, capable de vérifier la qualité du travail qui est fait.

En Guinée nous n’arrivons pas à mobiliser ses ressources extérieures parce qu’on ne respecte rien de ces trois étapes. Premièrement, il n’y a pas d’études. Pas d’appel d’offres. Ce qu’on appelle les marché gré à gré. On prend qui on veut, et on lui confie la route. Vous pouvez le faire avec votre argent, mais est-ce que vous pouvez faire ça avec l’argent de l’Union Européenne ? C’est impossible parce qu’il faut respecter les règles.

Il y a un audit qui a été faire récemment en Guinée, 92 % des marchés publics sont des marchés gré à gré. Voilà un indicateur de la très mauvaise gouvernance économique. Conséquence, la guinée ne peut avoir de l’argent pour faire ses routes. Deuxième conséquence, quand on s’en tête, on fait financer par nos propres ressources, et moi-même je me rappelle, puis que j’étais à la présidence, depuis 2012 j’ai dit à Monsieur le président on ne peut pas continuer à financer avec nos ressources parce qu’on a pas suffisamment d’argent. Vous savez les chiffres ne disent rien aux gens.

Nous c’est notre boulot les chiffres. Dès qu’on aligne deux chiffres, les gens sont embrouillés. Mais on ne peut pas financer les routes avec notre budget. Notre budget encore une fois, c’est 500 millions d’euro. Quand tu finances une route à 300 millions, il te reste combien ? 200 millions d’euro. Voilà les chiffres. Et j’ai averti, mais comme toujours on n’écoute jamais, jusqu’à ce qu’on soit en 2015 – 2016, tout le monde se rend compte que c’est impossible. Parce qu’on veut manger le gâteau, mais on ne veut pas faire attention à la taille du gâteau. Pourquoi tout ça ? C’est la corruption. Donc une route qui doit faire 100 millions, vous pouvez donner jusqu’à 200 à 300 millions parce que vous ne faites pas d’études. C’est l’entrepreneur lui-même qui donne son devis…

La Guinée n’a absolument de chance. Parce qu’on ne s’en sortira jamais. Ce n’est pas possible, avec cette politique on ne pourra pas s’en sortir. Voilà les défis. Il n’y a pas de croissance économique parce que dans tous les grands secteurs porteurs de croissance il n’y a pas de politique. Quels sont ces grands secteurs ? D’abord les secteurs agricoles, parce que ça prend 70% de la population. Quand on veut lutter contre la pauvreté, il faut aller là où la majorité de votre population est. La majorité de la population est dans l’agriculture. Mais il n’y a aucune politique. On parle d’autosuffisance alimentaire, moi ça me fait rire. Autosuffisance alimentaire en envoyant quelques engrais. Et là encore, la question va revenir, les gens vont dire vous étiez-là, qu’est-ce que vous aviez fait ? Dans le domaine agricole, je me suis battu pour la chose suivante : Ce n’est pas l’investissement en soit dans l’agriculture qui fait que les gens mettent à faire à terre, il faut que les gens aient un revenu suffisant dans leur activité. Il faut apprendre de notre propre histoire. C’est ce qui s’est passé sous le régime du président Sékou Touré, avec tout le respect que je lui dois. Il a couvert la Guinée de tracteurs. Pourquoi ça n’a pas marchés ?

La Guinée était une puissance agricole de l’Afrique de l’Ouest à l’indépendance. On a commis l’erreur fatale, que tous les autres pays communistes, ont faite d’ailleurs. Parce qu’il n’a fait que copier ce qu’on faisait dans les autres pays communistes. Il a distribué beaucoup de tracteurs à tout le monde mais il a eu le malheur de mettre les prix bas. On a fait le contrôle des prix. Donc on a fait des prix très bas, donc le paysan n’avait aucun intérêt à vendre. D’ailleurs, il y avait des normes : l’interdiction de circulation des produits agricoles.

Donc, l’erreur du premier régime, bien qu’il ait envoyé des tracteurs, il a mis des prix bas à la vente de produits des agriculteurs. Cela veut dire que l’agriculteur perdait de l’argent. Quand vous perdez de l’argent, même si vous avez le tracteur gratuitement, vous allez vendre le tracteur. Ou bien utiliser le tracteur pour faire le transport entre les villages. C’est exactement ce qui s’est passé. Parce que personne l’avait le bénéfice. N’oubliez jamais que l’homme est rationnel. Nous sommes homo oeconomicus. Nous cherchons tous à maximiser nos profits. Personne ne fait une action, une activité, parce qu’il y a un beau discours. On le fait si gagnons dedans. Si on ne gagne pas, on l’abandonne. C’est exactement pour ça que la moitié de l’humanité a échoué dans le Marxisme – Léninisme, tout a éclaté.

L’Union soviétique et tous les autres pays. Parce qu’ils sont allés derrière l’action de base de l’économique. Chacun va pour maximiser ses économies. Lorsqu’il n’y a pas ça, ça ne marchera jamais. La moitié de l’humanité a échoué, la Guinée avec. ça veut dire que nous devons avoir l’honnêteté de reconnaître là où ça n’a pas marché, et changé la politique. Voilà ce qui s’est passé. Cette fois-ci, on a fait une politique agricole, et on a fait la même erreur, on a pas voulu voir le revenu du paysan. Et lorsque j’ai insisté à la présidence, en disant qu’il faut que les paysans gagnent de l’argent, qu’est-ce qu’on a fait? On dit qu’il faut que l’état achète la production des paysans à un certains prix. Mais au lieu d’organiser ça correctement, on a envoyé de l’argent dans les circuits du trésor, avec des inspecteurs financiers véreux qui ont acheté à n’importe quel prix. Eh bien ils se sont distribués de l’argent. On a stocké ce riz dans des magasin, et le riz a pourri. Voilà ce qu’on appelle une mauvaise politique.

Dans le domaine minier c’est encore plus catastrophique. Tout le monde a suivi ce qui se passe à Boké. Qui est désastre écologique. Au moment où les autres pays refusent d’exporter la bauxite, c’est le cas de la Malaisie, c’est le cas de l’Indonésie. Ça dégagé un espace qu’on appelle une niche et la guinée s’est engouffrée dedans. C’est une catastrophe. « 

Pourquoi le PADES?

Ça explique pourquoi on faire le PADES. Parce que vous êtes économiste avec tout le cursus qu’on a. Vous dites allez comme ça, on va dans l’autre sens. Faites ceci, on fait ça. Qu’est-ce que vous faites ? Parce que vous oubliez que les décisions économiques ne sont jamais prises par les économistes.

Les décisions économiques sont prises par des hommes politiques. Les décisions culturelles sont prises par des hommes politiques. Les décisions diplomatiques sont prises par des hommes politiques. Les décisions sportives sont prises par des hommes politiques. Autrement dit, c’est l’homme politique qui décide de tout. Le problème pour nous simple, si vous êtes un économiste professionnel : Vous dites voilà la bonne politique, on l’applique, le pays s’en sort. Mais quand vous voyez qu’on ne l’applique pas, vous passer à la deuxième solution. Au lieu d’être un simple conseillé, vous dites, je me transforme en politique pour prendre le pouvoir politique pour pouvoir mettre la bonne économie. Exactement comme Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire. C’est pour ça qu’on s’est transformé en homme politique. C’est pour cela qu’on a créé le PADES. « 

Da passage Dr Ousmane Kaba a pris un autre exemple. D’après lui, dans le domaine d’électricité, il aurait conseillé ceci : « Nous avons un avantage comparatif à faire des micro barrages. Donc, mettons notre argent dans les micro barrages. Non, on ne fait pas ça. On va faire des groupes électrogènes. On achète plus d’un milliard de dollar de groupes électrogènes. En guinée, il y a des groupes électrogènes dans toutes les villes. Seulement, il n’y a pas de carburant pour les allumer. Même à Conakry à Tombo, les machines sont là. On les allume pour deux à heures, par ce que ça fait des milliers de litres par heures. Donc on n’a pas d’argent pour allumer les groupes électrogènes. Alors qu’en faisant des barrages, une fois que vous avez fait le coût des investissements, le coût opératoire est quasiment nul. En tant qu’économiste, en tant qu’homme réfléchi tout court, tout le monde sait qu’il faut faire des micro barrages. Pourquoi on préfère des groupes électrogènes, parce que c’est deals de trois mois où chacun prend sa commission, c’est terminé. Avec ça on achète des belles maisons à Bruxelles, à Paris, à Londres… on envoie ses deux enfants, madame. Et la Guinée reste dans l’obscurité. « 

Pour Dr Ousmane Kaba, « Quand on est fatigué de tout ça, on dit que la Guinée n’a aucune chance. Faisons comme le grand frère Ouattara, il faut qu’on fasse la politique, saisir le pouvoir politique pour décider de la bonne politique économique. Voilà pourquoi on a créé le PADES (Parti des Démocrates pour l’Espoir). Le PADES a été créé pour sortir la Guinée de la misère économique. C’est très important. Ce n’est pas pour être chef de l’état pour être chef de l’Etat… »

A suivre dans la série questions-réponses

A Bruxelles un compte rendu de Sacko Mamadou

http://lexpressguinee.com

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.