Cabinets clandestins de soins médicaux : en toute impunité !

On y fait de petites chirurgies. On y prélève du sang pour des examens biomédicaux. On y donne des conseils à des patients crédules et inquiets, etc. ce n’est pas l’image d’une structure de santé de renom. Mais, bien entendu, un cabinet de soins de proximité dont les seuls locaux devrait appeler à la vigilance. On est pour autant à Conakry, la capitale, dans la haute banlieue, entre la Cimenterie et Keitaya.

Au rez-de-chaussée d’un immeuble en sempiternel chantier est logé un cabinet de soins. Rien n’indique qu’ici on pratique la médecine d’une autre époque. Illuminé par une lampe chinoise le cadre est cloisonné par des rideaux crasseux et des contreplaqués sur lesquels on voit des affiches de vaccination d’enfants, de produits pharmaceutiques, etc. Le patron des lieux, se fait appeler Dr, il a l’air d’une trentaine et affairé au téléphone. Il gère un personnel ( ?). Une jeune fille et homme. Celui-ci prescrivait une ordonnance à une femme voilée à moitié.

Derrière ce cabinet étrange, le PLUS fait au rouge a été tout bonnement gommé à la peinture noire, sans trop savoir le pourquoi. Etait-ce pour échapper à la traque enclenchée par Tiegboro et ses hommes ? Etait-ce pour passer inaperçu ? Etait-ce pour éviter d’être poursuivi par la Croix rouge guinéenne ? Nul ne le sait.

On se rappelle qu’il y a deux ans, Rémy Lamah, alors ministre de la Santé publique a déclaré que tous les cabinets clandestins de soins médicaux seront fermés. Et la raison était selon lui, de tenter de contrôler la propagation du virus Ebola. Et comme en Guinée on adore les annonces sans suite, plus personne ne s’émeut. Les cabinets poussent de plus belle. Une menace à la santé publique.

Jeanne Fofana

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