Cas 200 milliards GNF : les non-dits d’un scandale !

La promptitude avec laquelle le gouvernement a fait vent debout contre la presse locale qui se fait échos du scandale des 200 milliards GNF dont se serait rendue coupable Zénab Nabaya cache bien des sous-entendus. C’est à se demander si Kassory et Cie ne veulent pas sacrifier Alpha Condé, dans sa lutte annoncée contre l’enrichissement illicite des hauts cadres de l’Etat.

En effet, ni enquête préliminaire, ni blâme, ni suspension, ni invite à l’Inspection d’Etat de démêler l’écheveau, etc., Kassory et son gouvernement s’accrochent à la ministre incriminée.  Pourtant, l’AFD aurait un programme de financement de 62 millions d’Euros pour les trois ministères de l’Enseignement (préuniversitaire, technique et supérieur). Les lanceurs d’alerte auraient prévenu le président que si les soupçons de détournement existent dans l’un des ministères, cela pourrait compromettre le programme. C’est ainsi que le voile a été levé sur le financement des examens, indique un confrère proche du cercle présidentiel.

Avant d’ajouter : «Il a été découvert que pour l’organisation des examens nationaux (2019/2020), le service examen du ministère a  demandé 27 milliards de GNF. Ce que la ministre aurait majoré à 43 milliards GNF. Pour ne remettre au service demandeur que 15 milliards GNF. Sans justifier la différence soit 28 milliards GNF. La ministre Nabaya  a négocié et obtenu près du ministère du Budget, un crédit supplémentaire de plus de 35 milliards GNF pour équiper certains centres de formation professionnelle (CFP). »

Bien que chiffres avancés soient loin d’être exhaustifs, la meilleure option c’était de faire recours aux compétences et aux services adaptés afin d’étayer les chiffres qui donnent du tournis. A moins que tout le gouvernement ne soit mis en cause. 200 milliards GNF ? C’est quand même beaucoup d’argent. Et bien des cadres ont eu leur part. Kassory veut donc sauver sa tête et l’honneur de son gouvernement. Sous d’autres cieux, ce scandale provoque une démission collective avant de se donner à la justice. En Guinée, on menace, on intimide, on nie et on jure la main sur le palpitant de n’avoir ni touché, ni vu le magot.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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