Cas Abdoulaye Bah : l’émotion passée, l’Etat doit répondre…

Rien ne justifie la mort gratuite d’un citoyen guinéen. Encore plus s’il est exposé par l’Etat, à travers un ministre de la République. Le cas d’Abdoulaye Bah résonne dans la mémoire collective des Guinéens épris de justice. Sa mort par accident interpelle. Aujourd’hui, finis les sanglots, finie l’émotion, finis les témoignages.

L’Etat doit enfin répondre de ses actes. Celui-là même qui a exposé la vie des journalistes sur le lieu du drame, à Matoto. Le ou les ministres qui ont invité ou sont allés chercher les journalistes jusque dans leurs foyers familiaux sont rendus responsables de la mort d’Abdoulaye et les différentes blessures graves des autres hommes de médias. Sous d’autres cieux, ces ministres aux amateurismes légendaires doivent être poussés à la démission avant d’être trimballer devant les tribunaux. Jusque-là en effet, l’opinion ne comprend pas comment se fait-il qu’on cure les caniveaux et des journalistes soient appelés pour couvrir un travail qui devrait être le lot quotidien d’une PME ? Mamaya oblige et une réelle raison de traîner Naité et Cie – par ricochet l’Etat – devant les juridictions.

Seulement, voilà ! Tham Camara, chef du bureau de Guinéenews site d’information pour lequel Abdoulaye Bah travaillait, le vice-président de l’Aguipel, Ibrahima Sory Traoré, le président de l’Urtelgui Sanou Kerfalla Cisse, le président du syndicat des journalistes de Guinée,  Sidy Diallo et tous les autres ont largement rendu un hommage appuyé au défunt, mais pas suffisamment évoqué une procédure judiciaire à l’encontre de l’Etat. Après tout, les circonstances sont connues.  Donc l’Etat doit répondre…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.