Cas Alpha Condé : Embalo réussira-t-il là où Maada Bio a échoué ?

« Nous avons eu une discussion très fructueuse. Nous sommes heureux de la relation que nous sommes en train de construire. Je suis très heureux avec eux, avec les mesures prises pour la stabilité de la Guinée. Nous sommes ici pour rassurer le président de la République et le peuple de Guinée que la Sierra Leone est toujours là pour la Guinée et la Guinée pour la Sierra-Leone. Nous sommes ici pour consolider la paix et partager notre expérience avec nos frères pour réussir cette transition », avait confié le président Julius Maada Bio.

Ça, c’est le côté diplomatie, la face officielle de la visite. Officieusement, le Président Maada Bio avait profité pour solliciter une libération de l’ex-locataire du palais Sékoutoureya, mais,MamadiDoumbya a poliment écarté ce point qui semble-t-il n’était pas à l’ordre du jour. Un gros camouflet diplomatique pour Madaa Bio. En moins de deux semaines, c’est SissocoEmbalóqui arrive à Conakry, précédé de cette déclaration: « Alpha Condé et moi, on ne s’aimait pas. Mais je demande qu’on le libère. Suis consterné par ce qui est arrivé. Les images qui ont circulé ne sont pas acceptables et cela m’attriste. »

En foulant aujourd’hui le sol guinéen, le Bissau guinéen  qui dit s’être occupé du sort d’Alpha Condé, en tirant le maximum de profit de sa cohabitation fraternelle avec MamadiDoumbouya essayera surtout de réussir là où Madaa Bio a échoué.  Seulement, selon des sources diplomatiques, UmaroSissocoEmbaló affirme toutefois à JA que l’ancien homme fort de Conakry « doit signer sa lettre de démission. » Même si, déjà, lors de cette même entrevue, la mission de la Cedeao a abordé la question de la lettre de démission qu’il refuse de signer. « Je préfère être tué que de signer ma démission», a-t-il fait savoir. La junte et la délégation se seraient donc mis d’accord pour y renoncer.

Pour MakanéraKaké, «recevoir en ce moment le président Embalò à Conakry est une faute. Il ne connaît pas les relations internationales. C’est un militant de l’UFDG qu’on reçoit. On connaît ses prises de position pendant la dernière présidentielle ». Ce qui est évident, tranche le Bissau guinéen, du côté de ma mère, mon grand-père était Malien, c’était un Bambara ; ma grand-mère était Guinéenne, c’était une Peule de Labé, dans le Fouta-Djalon. Moi, je suis né à Bissau, où j’ai été scolarisé. Quant à mon père, c’était un caporal de l’armée bissau-guinéenne.

Au regard de toutes les inimitiés avec Alpha Condé, lequel a d’ailleurs invité le principal opposant d’Embalo à Conakry lors de l’investiture 3è mandat l’impénitent président tranche en guise de revanche : « Cellou, c’est mon parent peul. Si je peux le soutenir de quelque façon que ce soit, je le ferai. Je ne cherche pas l’apaisement avec Alpha Condé, il m’a fait trop de mal. J’attends ses excuses. Il a soutenu mon adversaire, mais il ne s’est pas arrêté là. Il n’a aucun respect pour moi, et je n’ai aucun respect pour lui », avait-il lâché. Aujourd’hui encore, l’homme fort de Bissau a encore brocardé, sur RFI, Alpha Condé : « (…) Malgré le fait qu’Alpha Condé avait déjà 83 ans, la manière dont il a conduit le pays, les divisions ethniques qu’il a faites là-bas, ça ne peut pas me donner le plaisir de soutenir un putsch. (…) Le président Alpha, son âge n’a pas joué en sa faveur et son tempérament non plus. Il s’était fait trop d’ennemis », a martelé le locataire du palais rouge de Bissau.

Derrière cette apparente mésentente, Embalo voudrait plaider pour Alpha Condé. Il ne reste plus qu’à voir si les deux hommes peuvent s’asseoir face à face. Chacun imbu de sa personne.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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