Cellou Dalein : «C’est seulement aux membres de l’opposition qu’on demande de respecter la loi»

À la suite de la procédure déclenchée par le procureur de la République pour «outrage au chef de l’État» et d’une plainte déposée, cette fois, par des caciques du RPG/Arc-en-ciel (pouvoir) pour des propos qu’il a tenus samedi lors de l’assemblée hebdomadaire de son parti, le député uninominal de Gaoual a vu sa garde à vue prolongée au terme de sa deuxième journée d’interrogatoire devant les officiers de la police judiciaire du PM3. Pour la deuxième nuit consécutive, Ousmane Gaoual Diallo dormira à l’Escadron mobile numéro 3 de Matam (banlieue de Conakry). Au sein de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), on dénonce une procédure visant à décapiter la principale formation d’opposition au régime du président Alpha Condé.

Le chef de file de l’opposition guinéenne et président du parti, Cellou Dalein Diallo, a fustigé aujourd’hui une «justice à deux vitesses, active dans la destruction de l’UFDG et de l’opposition en général». «Il faut que les Guinéens se lèvent contre ce qu’on a dénoncé», a-t-il estimé. Et d’accuser les militants du RPG de jouir d’une impunité totale : «Quand les militants du RPG commettent des délits ou des crimes, ils ne sont jamais interpellés. C’est seulement aux membres de l’opposition [qu’on demande] de respecter la loi».

Le leader de l’UFDG rappelle que le député Ousmane Gaoual Diallo «jouit encore de l’immunité parlementaire». Par ailleurs, Cellou Dalein Diallo a regretté l’absence de solidarité des députés de la mouvance présidentielle. «Les députés de la mouvance ne considèrent pas qu’ils appartiennent au même corps que ceux de l’opposition. Cette solidarité en tant que membre de la représentation nationale devrait être automatique». Mais «les députés de la mouvance se considèrent en mission pour défendre le gouvernement et tous ses actes, même quand ceux-ci sont en contradiction avec les lois de la République», a dénoncé l’ancien Premier ministre.

Ce sentiment est partagé par beaucoup de citoyens de la ville de Conakry ainsi qu’au sein des états-majors de certains partis politiques de l’opposition.

Thierno Diallo, Kababachir.com

  1. machave dit

    Pour ceux qui ont la mémoire courte, Guinéneews ressort certaines de ses archives de l’oubli. En mai 2012, Sanoussy Bantama Sow, tout-puissant ministre de la jeunesse d’alors, a dit des insanités envers l’opposition à l’esplanade du palais du peuple.

    « Monsieur le premier ministre, nous sollicitons auprès de vous de dire au président de la république de faire respecter la loi dans toute sa rigueur. Il y a des partis loubards dirigés par des leaders loubards. Ils pillent, ils cassent, ils brûlent, ils brisent. Les forces de sécurité n’en sont pour rien », disait-il devant ses partisans en jaune.

    Désormais, poursuit-il, jeunes de l’arc-en-ciel, si un jeune loubard dirigé par un parti loubard s’attaque à nous, nous allons le poursuivre jusque chez lui. « Ils doivent savoir que la récréation est terminée. Désormais, c’est dent pour dent et œil pour œil ».

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