‘’Cent pour cent des femmes de la région de Labé sont excisées’’

La journée mondiale de lutte contre les mutilations génitales féminines a été célébrée ce 06 février 2017. A Labé, les statistiques sont plus que jamais présentent. Le phénomène ne connait pas une de baisse bien que les efforts soient fournis pour dissuader la population.

Malgré les multiples sensibilisations et actions menées pour lutter contre les mutilations génitales féminines, la pratique peine à baisser à Labé, jusque là, les familles continuent à purifier les filles en cachète.

Pour le Directeur régional de la santé de Labé, Docteur Mamadou Houdi Bah : « La dernière enquête réalisée en 2012, [Montre que] cent pour cent des femmes de la région de Labé sont excisées contre quatre-vingt pour cent dans la région de N’Nzérékoré. C’est vraiment dommage parce qu’on en parle mais les gens continuent à cacher. »

Madame Fatoumata Battouly Diallo responsable de l’unité de VBG à l’hôpital régional de Labé explique les méfaits de l’excision. «Les mutilations génitales ne sont pas bonnes pour la santé de la femme parce que ça entraine des complications, par exemple l’hémorragie qui peut tuer la fille, ça entraine des complications lors de l’accouchement.»

Ces mutilations génitales féminines persistent dans la société avec la complicité des agents de santé dénonce Dr Houdy : « Parfois des agents de santé même qui font l’excision pour dire qu’ils font semblant de faire, c’est juste enlevé une petite partie et il n’y a pas de saignement. Ils veulent dire qu’ils vont médicaliser et pourtant dans les principes et normes de la médecine on n’a pas dit d’exciser une fille de telle manière ou telle ».

La réticence des citoyens à abandonner  l’excision malgré les multiples sensibilisations est due au fait que cela est assimilée à la pratique de la religion estime Fatoumata Battouly Diallo : « C’est un problème de religion. Les gens veulent abandonner mais personne ne veut que ça commence par lui et qu’on dise que ses enfants ne sont pas excisés. »

Pour finir, il faut rappeler que cette pratique est bel et bien religieuse, mais il reste à savoir quelles sont les recommandations de la religion par rapport à la pratique. Qui a droit à l’excision ? Qui ne l’a pas ? La réponse à cette série des questions revient aux savants musulmans.

Alpha Boubacar kessema Diallo, correspondant kabanews à Labé

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.