Certains points du dialogue signé entre le pouvoir et l’opposition dénoncés

De l’œil du juriste et analyste politique Mohammed Camara, la satisfaction à l’issue du dernier dialogue entre pouvoir et opposition est à moitié. Pour le professeur d’université, l’accord trouvé entre les deux parties permet certes d’avoir l’accalmie dans le pays. Mais, il désapprouve l’organisation des élections communales. La duplication de leurs résultats obtenus au niveau des conseils de districts et de quartiers est une monopolisation du système électoral que veulent instaurer les acteurs politiques guinéens, prévient-il.

Pour appuyer cette thèse, le juriste rappelle l’article 3 de la Constitution guinéenne qui donne le monopole exclusif aux partis politiques de présenter des candidats aux élections nationales, locales notamment les quartiers et districts réservées exclusivement aux citoyens.

Malgré son analyse critique sur ce point, le juriste ne jette pas tous les points de l’accord à l’eau. Les autres points sont importants, cependant il déplore que “les acteurs politiques aient voulu lâcher du lest jusqu’à vouloir lâcher la loi”. À rappeler que cet accord ne roule pas à l’avantage de certains partis satellites, et exclut la participation citoyenne dans le choix des chefs de quartiers, contrairement à ce que prévoit la loi.

Mohamed Camara n’est pas le seul à avoir des griefs contre les conclusions des discussions. «Au lieu d’appliquer loi, au lieu d’appliquer la constitution, la mouvance et l’opposition, ils veulent se partager les chefs des quartiers. C’est dommage pour le pays. Si on dit qu’on ne fait pas les élections au niveau des quartiers, que c’est en fonction des élections communales mais c’est pas ce que la loi a prévu donc c’est une combine s’il faut le dire», réagit un leader politique dont le parti fait partie de l’opposition. Et le PEDN de Lansana Kouyaté de renchérir : « Ce n’est pas bon pour le pays, il ne faut pas priver des citoyens de leurs droits de vote. On a toujours élu les chefs de quartiers».

Si certains citoyens espèrent dans cette conclusion du dialogue, d’autres ne cachent pas leur amertume sur leur situation, leur crainte quant à l’applicabilité des différents points du texte. Ce qui montre que le manque de confiance règne toujours.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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