C’était il y a 10 ans : j’ai hérité d’un pays, pas d’un État

« Quand j’ai été élu, j’ai hérité d’un pays, pas d’un État. Parce que tout était priorité et tout était à refaire », avait déclaré le président Alpha Condé au début de son premier mandat, en décembre 2010. Il promettait alors de remettre de l’ordre, notamment du côté de la justice et dans la gestion des affaires publiques.

Dix ans se sont écoulés. Les mêmes causes produisent encore et toujours les mêmes effets. Alpha Condé a dénigré les anciens ministres de Lansana Conté. Mais il a fini par les réintégrer quasi totalement. Du Premier ministre Kassory Fofana, en passant par Kiridi Bangoura, Madikaba Camara, AissatouBela Diallo, Boureima Condé, etc. le système a continué. Alpha a fini par s’y accommoder et en même temps rétrécir l’éventail. Désormais, ce n’est pas tous les anciens de Conté qui sont mauvais, mais, seuls les anciens Premiers ministres dont Dalein et Sydia. Il reste que, dix ans après, Alpha manque de repères. Aujourd’hui, à y voir de près, il lui est loisible de déclarer : « On a ni Etat, ni pays ! »

En effet, la Guinée est diplomatiquement ignorée. Peu connue dans le giron, à part par ceux qui viennent sucer les ressources minières ou pêcher en eau trouble : ce sont les rapaces ! Au niveau de l’Etat, point d’Institutions. Là où elles existent, elles sont littéralement caporalisées. Nous en voulons pour preuves : le Parlement monocolore que dirige Damaro Camara, la Conseil économique et social que gère RabiatouSérat Diallo, le Médiateur de la République de Said Fofana, la Haute autorité de la Communication (HAC) où Yacine, ancien journaliste, ancien ministre de l’Information entend museler les médias, en faisant planer la chape de plomb. Ne parlons surtout pas de la Cour constitutionnelle où seuls des militants du RPG ont droit de cité. La Cour des comptes ? Un ancien ministre du Budget et des Finances se bombe le torse, alors que c’est un présumé délinquant financier qui devient un contrôleur. Où est donc l’Etat ?

Alpha Condé a tout caporalisé, anéanti, banni. Aujourd’hui, on n’a ni Etat, ni pays ! Et c’est homme-là, vieillissant et amnésique que des vautours de la République entendent garder au niveau des hautes sphères de la Guinée.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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