Chape de plomb (vraiment) tardive de Paris sur Conakry

C’est à travers la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnès Von der Mühll que Paris a réagi sur le chaos électoral guinéen ainsi que sur les mesures liberticides du régime orientées vers les opposants en général et Dalein Diallo et ses militants en particulier. Par cette réaction, Paris fait planer une chape de plomb (bien que tardive), après celui de l’Union européenne, 24 heures plus tôt.

Le Quai d’Orsay s’interroge « sur la crédibilité des résultats ». Elle insiste sur « l’urgence de garantir la liberté de mouvement et d’expression de l’ensemble des acteurs politiques et l’importance de permettre l’accès sans entrave aux moyens de communication. »

Si donc le RPG a vite réagi par rapport aux doutes sur la sincérité du scrutin, la France vient en rajouter. On s’attend donc à ce que le parti présidentiel s’émeuve et crie certainement au complot. Comme en pareilles circonstances, à chaque fois que le leader, adepte de la présidence à vie se sent coincé et visé.

La chape de plomb est vraiment tardive, au regard de la séquestration environ d’une semaine de Dalein Diallo. Elle est aussi tardive par rapport aux violences qui prenaient une tournure ethnique. Elle est enfin tardive par rapport au chaos à huis clos, à cause de la rupture d’internet pour les besoins occultes du régime.  Sans ingérence aucune, Paris aurait dû taper du poing sur la table un peu plus tôt. Mais, dit-on, il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Surtout s’il est question de mettre à l’étroit un vieil homme qui a la boulimie du pouvoir et des assassinats ciblés.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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