Cheick Sakho : « Un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule »

Le titre rappelle bien des faits. Ou plutôt un fait : celui de Jean-Pierre Chevènement, devenu vraiment une légende. Tout juste élu maire de Belfort, à l’occasion d’un remaniement, le ministre de la Recherche et de l’Industrie Jean-Pierre Chevènement quitte le gouvernement. Il s’agit en fait d’une démission.

Le département dont il avait la charge depuis deux ans est désormais confié à Laurent Fabius. Eh bien, cette démission faisait suite à des désaccords autant sur les méthodes que sur la conception de l’action gouvernementale. Cette démission en 1983 a eu un retentissement particulier en raison d’une phrase : « Un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule. » C’est donc une responsabilité historique, car, Chevènement, avait « un certain sens de l’Etat ». Tout aussi Français, le ministre guinéen de la Justice devait refuser qu’on torpille les droits de l’homme en Guinée.

Mais, il préfère afficher une sorte d’agacement hypocrite : « Dans notre pays ça ne va pas en matière de droit de l’homme. Je suis membre du gouvernement mais je le dis. Mais il ne faut pas croiser le bras. Donc il faut lutter pour que les choses avancent. (…) Ce n’est pas par hasard qu’on a un ministère des droits de l’homme qui est devenu un ministère de la citoyenneté. Il fallait quand même oser le faire. (…) Le jour qu’on a plus besoin de moi, on va me remercier. »

Un coup de bluff d’un ministre qui renvoyait en lui, les espoirs les plus fous dans la réforme de la justice. Que de la poudre aux yeux. Juste une désillusion. Me Sacko, on ne vous apprend pas : « Un ministre ça démissionne ou ça ferme sa gueule. » Maître, vous avez le choix !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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