CHEICK SAKO : Réveil ou agacement ?

Depuis un certain temps, le ministre de la justice fait dans la polémique, les faux-fuyants et la langue bois. Du coup, c’est avec beaucoup de surprise que les gens l’ont découvert sous un nouveau jour à l’occasion de la célébration, hier, de la journée internationale de soutien aux victimes de la torture. Évoquant le phénomène de la torture, il a fait des aveux qu’on le croyait incapable de faire. Mais surtout, il a littéralement explosé…comme si, à l’étroit, il en avait marre.

« Il ne faut pas avoir honte de le dire, ça ne va pas en matière de droit de l’homme en Guinée. L’histoire récente de la Guinée est notamment marquée par les violences graves, répétées et massive des droits, de fortes inégalités de genre et surtout par une culture de l’impunité. Pourquoi avoir honte de le dire ? Quand ça ne marche pas, il faut le dire », ce sont des morceaux choisis du discours de Me Cheick Sako.

Quand on sait que tout récemment encore ce même ministre s’en prenait vertement à ceux qui osaient dire ce qui ne va pas, ce courage a de quoi étonner. Se serait-il, parce qu’il était là à la place du ministre de la citoyenneté et des droits de l’homme, senti obligé de faire comme ce dernier ? Ou bien se brouillerait-il avec son mentor ?

Cette seconde éventualité est plus plausible. En effet, au cours de sa sortie, il a en outre tenu à rappeler deux choses. Tout d’abord, il est membre du gouvernement, mais il se doit de dénoncer ce qui ne va pas.

De sa part, c’est certainement une nouvelle conception. Surtout après que la solidarité gouvernementale ait été érigée en règle de fonctionnement de l’équipe. Ensuite, il a mis en garde : « Je ne cède pas aux pressions. Il faut que ce soit clair pour tout le monde. Je m’adresse aux deux blocs politiques. Je ne cède pas aux pressions. Le jour qu’on a plus besoin de moi, on va me remercier ». Là, c’est clairement de l’agacement. C’est du ras-le-bol.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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