Choléra-Ebola : le ménage n’aura pas été possible !

Il n y aura certainement pas deux virus dans les mêmes CHU de Conakry. Alors que les Conakrykas craignaient vraiment la résurgence du vibrion cholérique, suite à l’impossibilité du gouvernement à débarrasser la capitale des ordures, en cette période hivernale, le virus Ebola s’était déjà annoncé et avait endeuillé bien des familles sans qu’on n’en parle. Peut-être par méconnaissance, voire par incurie.

 

Ce qui est évident de toutes les façons, le ménage entre choléra et Ebola n’aura pas été possible. Ni en mariage de raison, ni en mariage de circonstance. Dieu merci, sinon, on se demande vraiment comment les Guinéens allaient sortir la tête de l’eau. Quand on sait que le virus Ebola a été bien banalisé avant d’être repris au sérieux. Le choléra lui, a son terreau à Conakry. Tous les ans en effet, ce virus plus connu des Guinéens malmène des familles entières. Aujourd’hui, il y a eu plus craint que choléra. « De mémoire de Guinéen, jamais on ne s’était autant lavé les mains à Conakry. Devant chaque bâtiment public, chaque hôtel, chaque restaurant, entreprise, administration ou lieu de culte, on trouve désormais des citernes d’eau chlorée. Dans les maisons beaucoup d’habitants ne se séparent plus de leurs petites bouteilles d’eau javellisée. L’eau de javel est devenue indispensable aux ménagères. Les mains, les pieds des enfants et même les aliments y sont soumis dans l’espoir d’empêcher le virus de se manifester », rapportent, avec beaucoup d’humour, les médias occidentaux.

 

Au moins pour une fois, l’hygiène va rentrer dans les mœurs ! Même si dans l’enceinte même des structures sanitaires comme le CHU Donka est loin d’être débarrassé des immondices. Dans ce cas d’espèce, même le centre de traitement aménagé à la barbe de la patronne de Donka Fatou Siké n’est pas épargné. MSF et jeunes guinéens font de leur mieux dans ce périmètre qui refuse de s’assainir.

 

Selon les dernières statistiques, depuis la déclaration officielle de la maladie le 21 mars dernier, 885 cas ont été enregistrés dont 703 confirmés, 151 cas probables et 31 cas suspects. Le cumul des décès selon Dr Sakoba Kéita qui affirme que la maladie a commencé début décembre 2013 a fait 568 morts dont 413 confirmés, 151 probables et 4 suspects. Il y a donc de quoi continuer de s’armer contre Ebola.

Jeanne FOFANA, Kabanews

 

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