Chute de Guillaume Curtis: le déni fatal de Diarré et de Fodé Oumar !

Le premier est un ancien ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, un acteur-clé de la commande publique, contraire au Code des marchés publics. Le second est un cadre de la Primature –cité dans une affaire de corruption qui a provoqué le licenciement de trois cadres à l’ARMP -, officiant la présidence du Conseil de régulation au sein de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP), alors gérée par Guillaume Curtis.

Mohamed Diarré et Fodé Oumar Touré ont tout simplement livré Curtis à oncle Alpha Condé, ayant piqué une colère sans nom, en apprenant que son neveu est trop bien payé et a fixé tout seul les salaires de ses employés et de lui-même. Ces deux hommes, bourreaux de Curtis ont anticipé pour livrer le régulateur intraitable qui s’est opposé aux intérêts de Diarré et à l’enveloppe offerte par le Libanais au compte de Fodé Oumar Touré. Les intérêts de ces deux hommes sont connus de Guillaume Curtis qui, en sa qualité d’acteur de la moralisation des fonds publics, devrait se lever contre ces pratiques.

Selon des sources dignes de foi, confirmées par des personnes bien introduites chez le ministre chargé des Institutions Républicaines, les quelque deux cents millions GNF (200 millions) donnés à Fodé Oumar Touré avaient été rejetés par le DG de l’ARMP, arguant que cet acte pourrait nuire à l’Institution. L’homme avait déjà salivé, il n’aura pas voulu rendre l’argent mais biaiser une décision pour laver de tous soupçon un Libanais ayant bénéficié un marché de l’Etat, estimé à plus de deux milliards GNF. En principe, le décret 167 signé d’Alpha Condé, Fodé Oumar Touré, président du Conseil de Régulation ARMP, devrait être frappé par l’article 11 dudit décret pour « corruption active ou passive et toute autre infraction assimilable. » Pour camoufler son acte, Fodé Oumar Touré anticipe. Il produit d’abord des rapports (l’un à la Présidence, l’autre à la Primature) accablant la gestion de Guillaume Curtis. D’où la crise institutionnelle qui a couvé pendant près de 5 mois entre le Conseil de régulation et la Direction générale de l’ARMP.

S’agissant de Mohamed Diarré, des sources indiquent qu’il y avait une guerre ouverte entre lui et le DG de l’ARMP. D’abord autour de la subvention accordée à l’ARMP mais qui n’est jamais tombée, ensuite, autour d’un projet de décisions qui devrait sanctionner une kyrielle de proches d’Alpha Condé dont Diarré, Amara Somparé des Grands projets, une certaine Mme Touré de la Direction nationale des marchés publics. Ce projet adressé à Alpha Condé a fuité. Il est revenu entre les mains du ministre d’alors. Coup de colère ! Mais tout fini là. Sauf la rancœur noire contre Guillaume.

Pourtant, Diarré masque derrière lui des entreprises qui concourent à la commande publique. Selon des sources bien informées à la Direction nationale des marchés publics, confirmées par des proches des Grands projets et des marchés publics, l’entreprise Diamar prestation Sarl revient en tête de liste chaque année. Selon des chiffres fournis, cette entreprise du ministre, actuel président de la cour des comptes, a eu cinq marchés avec un montant TTC de : 66 816 616 295 GNF. Ces marchés et bien d’autres (Guiter SA, Guicopress BTP SA, etc.) appartenant à des proches d’Alpha Condé donc à un lobby intouchable étaient en ligne de mire du DG de l’ARMP. Un DG qui a fini par être pris en étau par tous ces contrevenants à la réforme pourtant voulue pour un départ par le président de la République. Mais Alpha Condé a fini par écouter les fossoyeurs de l’économie nationale, en sacrifiant son neveu, à cause rapporte-on de salaire.

Salaire dit-vous ? Eh bien, un faux argument, car, ils sont fixés – contrairement à ce qui se raconte ici et là – par l’article 28 du Décret 167 dont Kababachir.com dispose et qui stipule : «La rémunération et les avantages divers du directeur général sont fixés par le Conseil de régulation, par référence aux salaires prévalant dans le secteur privé ». Et pourtant, ni Mohamed Diarré, ni Fodé Oumar Touré n’ont défendu Curtis, alors que tous les deux sont signataires du budget ARMP 2015 (Nous y reviendrons !). Ils ont préféré livrer Curtis à Alpha Condé, en niant être au courant des salaires et du budget soumis par le DG débarqué. Une conspiration, scande-t-on d’un côté. C’est bien fait pour Guillaume Curtis, jubilent Diarré, Touré et tout le lobby d’entrepreneurs qui contournent le Code des marchés publics.

Pourtant, des proches de Curtis jurent la main sur le palpitant que le décret 167 était le sacré livre de chevet de celui qui rêvait d’une ARMP modèle dans la Sous-région. Hélas, il a été encore victime d’injustice, de lobbies et de conspirateurs. Guillaume aura certainement besoin d’un temps de répit et de réflexion pour évacuer cette énième injustice devenue une de trop.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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