Classe politique guinéenne : la querelle d’égo chasse l’union

« Le moment de l’union sacrée est venu. Elle bâtira les solides fondations dont notre pays a besoin. » Cette invite de Mamadi Doumbouya, pour autant pleine de sens et prononcée dans le discours de nouvel an est manifestement tombée dans des oreilles de sourds, du côté de la classe politique guinéenne. Comme littéralement hantée depuis des décennies par des querelles d’égo, de mesquineries, de calculs politiciens, de considération farfelue, la classe politique guinéenne est malade, bien malade de ses leaders, peu ou pas du tout éclairés, portés sur l’union sacrée face aux défis du moment.

Amis de façade en dehors des préoccupations politiques, ennemis irréductibles face aux sorties de crises, Dalein, Ousmane Kaba et les autres peinent à s’entendre sur l’essentiel. Complexés de voir Dalein partout, certains s’offusque de l’omniprésence du président de l’UFDG. Jaloux de voir Dalein au-devant de la scène, voire devenir président de la République de Guinée, d’autres font feu de tout bois, pour se muer en croc-en-jambe. Et pourtant, même s’il est l’éternel perdant suite à la tenue des tous les scrutins précédents, Dalein reste l’opposant incontestable le plus en vue. Ça, c’est fait qui parle de lui-même. On ne saurait lui ôter cette ascendance ! Dalein le sait.

En sa qualité de principal opposant et ancien chef de file, tout aussi contesté – par jalousie – le leader de l’UFDG appuyé par son alliance (l’ANAD) tente de mobiliser, de créer l’union, même avec ses adversaires d’hier. Mais, selon toute vraisemblance, l’union est impossible. Et la malédiction se poursuit. Cette maladive querelle d’égo devient du pain béni pour certains déjà portés sur une longue transition. Le temps de revoir l’hydre …jaune reprendre du poil de la bête et donc de devenir davantage plus nuisible.

Agacés de voir les mêmes scénarios d’implosion, des observateurs de la scène politique veulent inviter la classe politique bâtie par ailleurs sur du bric à broc, d’évoluer en solo, en lieu et place d’une union de façade sans cesse ridicule.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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