CODE ELECTORAL : une session extraordinaire pour rien ?

Le président de l’Union des forces du changement (UFC) et porte-parole de l’opposition républicaine, intervenant récemment sur une radio privée de la place, avait laissé entendre que l’adoption du code électoral révisé « passera comme une lettre à la poste ». Il faisait naturellement allusion à la session extraordinaire du parlement qui a démarré le jeudi dernier. Il évoquait à l’occasion des discussions entre son groupe parlementaire et la mouvance présidentielle. Mais le moins qu’on puisse dire, c’est qu’Ousmane Gaoual Diallo, n’est pas aussi optimiste que lui. Pour sa part, le député uninominal de Gaoual évoque un risque évident de manœuvre visant à retoquer le code devant notamment intégrer le point 2 de l’accord politique du 12 octobre 2016.
Pourtant, l’adoption de ce code électoral est la raison fondamentale de la session extraordinaire en question. Le code n’ayant pas été adopté à l’issue de la dernière session budgétaire, comme cela était prévu, les autorités, sous la menace de l’opposition qui agitait le chiffon de la manifestation, avaient promis de convoquer une session extraordinaire en vue de cette adoption. Mais selon Ousmane Gaoual Diallo, du côté de la mouvance présidentielle, tout le monde n’entend pas jouer le jeu. Exploitant notamment le point 2 de l’accord politique qui provoque un véritable tollé du côté de la société civile, la mouvance envisagerait une entente avec les députés de l’Alliance républicaine (UFR et alliés) et de quelques députés indépendants, pour empêcher l’adoption. L’objectif visé serait de torpiller le processus devant conduire aux élections communales.
Pour mettre en œuvre cette manœuvre, la mouvance présidentielle devrait, selon Ousmane Gaoual, procéder avec le mode du vote secret. Alors que les parlementaires ont jusqu’ici voté en levant la main, voilà que cette fois, on voudrait que ce soit avec le bulletin secret. Ainsi, l’idée serait que l’on ne puisse pas savoir ceux qui auront voté contre le code électoral. L’opposition pourrait ainsi se faire piéger une nouvelle fois. Mais tout le monde a conscience que ce sera également le début d’une inéluctable crise sociopolitique.
Anna Diakité, www.kababachir.com      

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.