Comment faire face à la crise politique ?

Résolution de la crise politique qui secoue encore le pays est une autre paire de manches pour Alpha Condé. La crise syndicale est presque derrière nous certes, mais, la crispation politique aggravée par les fraudes massives au cours des communales du 4 février risque de replonger le pays dans l’incertitude. Alpha Condé, l’homme qui se joue de tous ses adversaires politiques avait eu l’air de bien faire pour calmer les ardeurs auprès de la CENI.

Cette institution chargée des élections en Guinée a elle-même joué le jeu, faisant saliver les opposants avant de les débouter, arguant qu’elle n’a pas mandat de recompter les voix, encore moins de confronter les résultats. Pendant ce temps, les manifestations politiques connaissaient un répit. La démarche d’Alpha Condé visait juste à berner les opposants, à gagner du temps et à penser à d’autres stratégies pour casser le mouvement.

Aucun recours très attendu des opposants n’a en réalité été pris en compte. Même avec des « preuves irréfutables » que brandissent l’UFDG et les autres. Ils sont donc obligés de recourir à la rue. C’est ainsi, au lendemain même de la signature des accords avec le SLECG, la banlieue est peu vivante. Notamment l’axe Enco5 Cimenterie et bien d’autres encore dans la capitale déjà échaudée par de folles journées de manifs spontanées parfois des plus inattendues comme celles vécues dans la Presqu’île de Kaloum, jusqu’à la porte du Palais présidentiel.

Aujourd’hui donc, il est temps de faire face à cette crise politique. Le dialogue politique étant rompu, Alpha Condé se doit de ressouder le fil du dialogue. Ne serait-ce qu’une concertation afin de mieux analyser les recours introduits par les opposants. La suite, ils en discuteront et trouveront certainement un consensus, tel que l’a bien dit Etienne Soropogui de la CENI, écartelé entre respect de la loi et imminence de trouver une solution à la crise. Actuellement, on n’est jamais loin du chaos. Négliger le climat politique délétère, c’est absolument s’exposer à des escalades de violence, entretenues par des discours insouciants.

Jeanne Fofana

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