Commission de réflexion sur l’Education : comment faire appliquer les recommandations ?

Le diagnostic posé sur le système éducatif guinéen n’est pas des plus souhaitables, des plus attrayants. Mais déjà, les recommandations issues de l’audit du secteur alimentent depuis bien des semaines une vive polémique, notamment au niveau de l’extinction pure et simple et progressive des Universités privées. Ce qui est synonyme de la mort certaine de bien des fondateurs d’écoles et d’Instituts privés en Guinée.

L’affaire fait grand bruit, à telle enseigne, on a eu tendance à la politiser. La raison est toute simple : l’audit semble être orienté. Les visés se sont vu honnis, roulés dans la boue avec du mépris, non seulement du ministre de l’Enseignement supérieur mais aussi des auditeurs eux-mêmes. De quoi créer une vive tension. Elle est latente. Au lieu de chercher à anéantir le différend, le gouvernement veut aller vite à l’affront. C’est du moins ce que laisse penser la dernière instruction d’Alpha Condé à Yéro aldé. Le président guinéen qui raffole ses genres de contentieux demande à son ministre de faire appliquer les recommandations.

Il y a quand même maldonne. D’abord, le rapport dit provisoire tant par le ministre que par les auditeurs risque de passer comme lettre à la poste. Ensuite, on n’a pas assisté au dernier mot des fondateurs jusque-là jamais consultés mais visés nommément avec des centaines de fictifs. Ces dernières 48 heures, on a eu vent d’une rencontre qui a eu lieu du côté de l’INRAP. Elle a réuni le Pré-Universitaire et les APEAE. On ne sait néanmoins pas ce qui en est ressorti. Tout porte à croire que c’est dans le cadre de ces fameuses recommandations qui font tant de polémiques. Avec cette rigidité qui frise le mépris, l’Etat veut vraiment créer et entretenir le désordre. Mais, les fondateurs des Universités ne sont pas prêts à se laisser faire. On fonce donc tout droit dans le mur.

Apparemment, le mouvement syndical de la fois dernière n’aura pas suffi à Alpha Condé pour tirer les leçons de l’amateurisme et du manque d’anticipation de son gouvernement. Allons donc !

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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