Conakry-Dakar : le vol spécial du Guinéen guérit d’Ebola renvoyé à Kédougou !

Selon la presse sénégalaise, le Guinéen guérit d’Ebola après une prise en charge par le Sénégal a eu de la peine à rentrer chez lui, en Guinée. C’est à bord d’un avion militaire affrété pour un vol spécial que ce Guinéen devait rejoindre les siens.  Conakry dont la colère à l’endroit du voisin sénégalais ne s’est pas encore dissipée oppose un refus catégorique à l’atterrissage de cet avion à Gbessia. L’équipage étant contraint vendredi dernier de se rabattre sur l’aérodrome de Kédougou. C’est à partir de cette région sénégalaise que Mamadou Aliou Diallo a regagné son pays via la route.

Une attitude selon nos confrères « assez illustrative des frustrations guinéennes nées entre autres, de la gestion de l’affaire Mamadou A. Diallo. En effet, à plusieurs reprises, la presse guinéenne avait fait échos des condamnations de Conakry à propos de la décision sénégalaise de fermer ses frontières avec la Guinée. »

On se rappelle que le président guinéen, ainsi que nombreux autres concitoyens avaient avec véhémence critiqué la décision du Sénégal de fermer toutes ses frontières. C’est au plus fort des attaques guinéennes que le ministre des Affaires étrangères du Sénégal avait brisé le silence, en rassurant que le Président guinéen n’a jamais dit que son pays n’avait pas été informé de la fermeture des frontières, mais qu’il ne comprenait pas cette décision du Sénégal. Mankeur Ndiaye expliquait : «On les (les Guinéen) a informés. C’est moi-même qui ai informé le ministre guinéen des Affaires étrangères, on était ensemble à Yamoussoukro, au sommet de la Cedeao. Quand le Président Macky Sall prenait la décision, il était à Yamoussoukro. Et avant même que la mesure ne soit connue au Sénégal, il m’a demandé d’informer les Guinéens.» Cette déclaration avait été même confirmée par le ministre guinéen des Affaire étrangères Loucény Fall, au cours d’une émission radio.

Et pourtant, le Sénégal ne s’était pas contenté seulement de fermer, mais, rapporte la diplomatie sénégalaise,  « on a envoyé une équipe médicale à Conakry, ceux de l’Institut Pasteur sont là-bas et les assistent. Le ministre de la Santé est en conversation quotidienne avec son homologue guinéen pour discuter du type d‘appui qu’on peut leur apporter.»

 Mais malgré tous ces «efforts», la Guinée elle, semble toujours garder une dent contre le Sénégal. D’autres interlocuteurs très au fait des relations entre les deux pays rappelleront même l’épisode des 10 milliards de francs Cfa de la Banque centrale guinéenne, qui ont transité par l’aéroport de Dakar à destination de Dubaï, pour expliquer la décision de Conakry de ne pas autoriser l’atterrissage de l’avion militaire sénégalais. En fin de compte, seul Condé peut dire avec exactitude ce qui l’oppose au Sénégal, pour adopter de telles attitudes envers un voisin, qui s’est toujours montré accueillant et disponible, rapporte la presse de la Téranga.

 Ça ne fait que commencer. Certainement, le cas du Guinéen à qui l’aéroport a été fermé net n’est qu’une victime collatérale. L’arbre qui cache la forêt. De toutes les façons, c’est l’intégration sous-régionale qui prend un coup.

Jeanne FOFANA, Kabanews

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