Conakry, la trilogie de la misère féroce !

Ils sont bien rares ceux qui ne seront pas atteints par la trilogie de la misère que constituent : le Covid-19, la période de soudure et l’hivernage, synonyme de ralentissement des activités. Ce cercle vicieux et intenable est manifestement un enfer cruel pour bien des Guinéens au revenu moyen, voire inexistant.

A Conakry, des Guinéens s’appauvrissent. La morale prend un coup. Au même titre que les mœurs. Dans certaines familles, on abrège les repas. Et, aujourd’hui, la phrase la plus répandue reste : ‘’Jusqu’à présent, je n’ai pas pris mon petit déjeuner…’’. C’est récurrent d’entendre cette complainte au bout du fil ou en pleine communication avec un interlocuteur. Sauf que la pauvreté se féminise. Et donc, trop de plaintes chez les femmes et jeunes filles que chez les hommes.

Cette situation se comprend. Elles sont serveuses dans des bars, des restaurants. Elles sont remorquées par un ami, un proche, une copine, toutes les semaines, toutes les nuits, sans trop savoir ce qu’elles font réellement. Elles déambulent de bureau en bureau à Kaloum, alors qu’elles n’ont aucun emploi. Voilà que depuis mars, les robinets sont fermés. Et c’est ressenti jusque dans les ménages. Ceux qui mettaient la main à la poche sont devenus radins, s’ils ne sont pas devenus invisibles. 

Les lieux de loisirs sont fermés ou les rares lieux les activités sont au ralenti, à cause des flics qui guettent la moindre ouverture. La pauvreté est donc ennemie commune aux Guinéennes. C’est tellement insoutenable que certaines se déconfinent. Quitte à affronter les flics ou à se faire enlever pour quelques billets de banque. Covid-19, période de soudure et pluies incessantes, cette trilogie-là est féroce, implacable. Une source de misère absolue.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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