Conakry : Les forces de l’ordre empêchent une marche contre l’insécurité

Les forces de sécurité guinéennes ont empêché jeudi, la tenue d’une marche pacifique de la Société civile guinéenne, qui dénonce la dégradation du climat d’insécurité et les attentats ciblés en Guinée.

Selon l’itinéraire initialement prévu, les marcheurs devraient quitter l’esplanade du Palais du peuple pour se rendre à la primature, au centre ville de Kaloum. Mais très tôt le matin, un important dispositif de sécurité a été mis en place pour empêcher tout accès sur l’esplanade du Palais du peuple. Une stratégie que les marcheurs ont tenté de défier. Déterminés à exécuter leurs menaces de manifestation pour, disent-ils, dénoncer le silence couple du gouvernent devant la situation d’insécurité, les marcheurs ont changé d’itinéraire à la dernière minute.

Ainsi, les acteurs de la Société civile et d’autres leaders d’opinions, ont pris la direction du département en charge de la Sécurité et de la Protection Civile, sis au quartier Coléah, situé non loin de la Maison de la presse, dans la Commune de Matam avec des slogans « A bas l’insécurité ! Vive la sécurité des personnes ! Halte à l’insécurité et à l’impunité… ».

Là, les marcheurs, qui sont parvenus à surprendre les forces de l’ordre, ont parcouru quelques mètres avant d’être stoppés par les forces de l’ordre qui les ont poursuivies.

Mais face à un impressionnant dispositif de sécurité, Dansa Kourouma, Lansana Diawara, Aziz Diop et compagnie, n’ont pas résisté. Ils ont accepté de faire le demi-tour pour aller livrer leur message aux hommes des médias à la Maison de presse.

Dans ce memo adressé au Gouvernement de Mohamed Said Fofana, les acteurs de la Civile guinéenne ont fait des recommandations : « Les organisations de la société civile guinéenne exigent immédiatement à l’Etat à travers ses services spécialisés que l’assassinat de Thierno Aliou Diaouné et ses circonstances soient rapidement élucidées. Que les services concernés par l’enquête et toutes les enquêtes criminelles soient dotées de tous les moyens nécessaires aux investigations afin qu’elles soient professionnelles et efficace aboutissant à l’arrestation immédiate des criminels. Que les autres complices et commanditaires soient arrêtés, jugés et condamnés à la hauteur de leur forfaiture et accomplissent pleinement leur peine. Que la société civile guinéenne soit autorisée à élever une stèle sur le lieu de l’assassinat de Thierno Aliou Diaouné en hommage des différentes victimes des crimes et assassinats. Que les différents postes de police et de gendarmerie soient équipés et les agents suffisamment formés pour mieux assurer la sécurité de proximité et répondre efficacement aux nombreuses sollicitations des citoyens… » Pouvait-on lire dans ce mémorandum.

A la question de savoir pourquoi les autorités ont refusé la tenue de cette marche pacifique, alors qu’une marche de ce genre, organisée récemment pour soutenir les victimes de Charlie hebdo, avait connu la participation du gouvernement, le Directeur des unités d’intervention de la police nationale, le Lieutenant-Colonel Ansoumane Camara « Bafoé » apporte des précisions :

« Cette marche n’était pas autorisée par les autorités de la ville, de surcroît  le communiqué que nous avons suivi disait que la marche avait pour itinéraire le palais du peuple jusqu’à la Primature.  Donc lorsqu’on a vu  les marcheurs venir au ministère de la sécurité, on a été instruit de mettre un cordon de sécurité pour  les orienter vers l’itinéraire qu’ils ont voulu.  Nous les avons dit qu’ils sont hors la loi. Mais, puisque c’est   la société civile, elle est mieux placée pour appliquer la loi et montrer le comportement du bon citoyen » a laissé entendre cet officier de police.

Malgré l’interdiction, la Société civile a tout de même réussi son parti, car, la marche a eu lieu même si elle a été stoppée par les forces de l’ordre.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

 

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