Conakry panse ses plaies…

L’axe dit du mal a rouvert. Hamdallaye, Cosa, Bambeto est désormais opérationnelle. Si dans la matinée, les occupants et usagers de cette partie de la capitale étaient frileux, craignant à chaque instant une escalade de la violence, en fin de journée, le calme semble revenir. Les boutiques entrebâillées ont entièrement levé leurs rideaux. La circulation a repris ainsi que certaines gargotes, bars et cafés.

Des curieux, même à bord des taxis, attrapent leur menton, arrivés au niveau de la station d’essence de Bambeto où la supérette et les installations ont volé en éclats suite à des actes de vandalisme dont les présumés coupables reste des policiers et gendarmes, selon des témoins. Sur ce vaste champ de ruine étaient agglutinés des jeunes certainement venus ressasser, pleurer les leurs mais surtout déplorer les dégâts. L’asphalte porte encore les stigmates des pneus brûlés et autres matériaux chimiques comme le plastique.

Des troncs d’arbres, briques, cailloux, morceaux de fer, etc. qui constituaient des barricades sont tout bonnement mis dans les caniveaux ou entassés le long de l’axe. Au moindre coup de vent, c’est une nuée de poussières âcres et du sable qui se dégagent. Mais, l’essentiel est que Conakry panse ses plaies et cela risque de prendre du temps. Toutes les routes sont sales, davantage sales. En milieu d’après-midi, certains automobilistes ne s’étaient pas encore rassurés que la circulation a repris. Tout le monde a la peur dans le ventre.

Un seul sacrifice au soir même du dimanche aurait suffi pour éviter une telle escalade de la violence avec mort d’hommes : débarquer les ministres qui ont manqué de pro activité. Aujourd’hui, 6 Guinéens sont morts pour rien. Certains mineurs sont présentés à la TV comme étant des présumés auteurs d’actes de vandalisme à Bambeto. Et pourtant, des hommes en uniforme avaient été aperçus dans la supérette ainsi que dans d’autres lieux, notamment à Cosa en train de commettre d’exactions. Mais, bon, avec Alpha Condé, c’est toujours le faible qui a tort.

Jeanne Fofana,www.kababachir.com

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