Conakry sombre dans l’insalubrité, le gouverneur commence à changer de discours

La question de la gestion des ordures à Conakry pose problème, depuis au moins, une décennie. Mais l’insalubrité a atteint ces derniers temps un seuil jusqu’à là jamais approché. Des artères publiques aux lieux de loisir en passant par les marchés et (parfois) les abords des lieux de culte, le constat est identique et très décevant. Les ordures jonchent partout et leur ramassage fait défaut. Alors qu’à sa nomination à la tête de la capitale il avait promis de débarrasser Conakry de son vissage hideux, Mathurin Bangoura semble changer de discours. A-t-il pris conscience de la complexité du problème ou a-t-il été avalé par le système ? En tout cas, les discours ne sont plus les mêmes.

Dans un entretien qu’il a accordé aux médias publics, le gouverneur de Conakry, le général Mathurin Bangoura, s’est exprimé dans un ton qui laisse apparaître beaucoup plus de mea-culpa que de propositions concrètes permettant de résoudre le problème. «Il y a des points de réassemblage des ordures mais si les camions [du SPTD (service public de transfert de déchets)]  ne viennent pas, ça cause problème», admet-il. Selon lui, l’immensité de l’insalubrité est en partie due au manque d’équipements du gouvernorat. Plus loin, il explique que ce dernier rencontre des difficultés financières. «Aujourd’hui, c’est une commission [évoluant] au ministère de l’Administration du territoire et de la décentralisation qui s’occupe de la gestion des ordures (…) Depuis ma prise de fonction, quand on a besoin des camions pour accomplir une tâche ponctuelle, nous faisons appel à ce service» qui les lui fournira. Toutefois, «c’est le gouvernorat qui prend en charge ces camions, c’est nous qui payons le carburant», précise-t-il.

En attendant de trouver les moyens logistiques et financiers, la capitale guinéenne, Conakry, sombre dans l’insalubrité. La circulation est obstruée au niveau de certains axes routiers de la ville. Les Conakryois continueront à se boucher le nez, à moins qu’ils apprennent à respirer en douceur l’odeur nauséabonde que cette insalubrité a créée. Les mouches, les moustiques, et les autres insectes se félicitent…

Thierno Diallo, Kababachir.com

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