Condamnation des Journalistes : « Ils ne devraient pas être condamnés sur la base du code pénal » (Yacine)

Tout comme les associations de presse qui rejettent en bloc la condamnation des journalistes chroniqueurs de l’émission « Africa 2015 » de la radio Nostalgie, le Président de la Haute Autorité de la Communication, sans vouloir commenter une décision de justice, regrette tout de même l’application du code pénal au lieu de la loi sur la liberté de presse.

« Je voudrais simplement rappeler que lorsqu’il y a diffamation par voie de presse, c’est la loi sur la liberté de la presse qui s’applique et je pense que nul ne devrait aller au-delà de cette loi. », a laissé entendre Aboubacar Yacine Diallo s’exprimant sur les ondes d’une radio locale.

Et mieux, ajoute, le Président de la HAC, « Je voudrais dire que le législateur a saisi des dispositions en matière de jugement de délit ou de crime par voie de presse. Lorsque c’est une diffamation faite sur une radio, la loi sur la presse est l’une sur laquelle on devrait juger. Sauf s’il y a des cas exceptionnels. Si ce n’est pas le cas et que c’est une diffamation sur la base d’une plainte, le juge a été saisi et il a condamné, mais à mon avis, il ne devrait pas condamner sur la base du code pénal mais, sur la loi sur la liberté de presse. »

Toutefois, rappelle ce professionnel de la Communication, « Il y a d’autres dispositions contenues sur la cyber sécurité, lorsque ce sont des cas de figure, cette loi s’appliquera ! Mais le code pénal, lui, s’applique à tous les citoyens pour les délits prévus et punis. Donc, je n’ai pas envie de commenter beaucoup… Je sais que le ministre de la Justice est très attaché à l’application sur la loi sur la liberté de la presse et aussi sur la loi sur la cyber sécurité. En tant qu’instance de régulation, si ces cas s’étaient avérés, des juges jugeaient en dehors de la loi sur la liberté de la presse concernant des délits de presse, nous ne pourrions attirer l’attention du ministre de la Justice et même ses procureurs plus souvent comme on le dit ‘’les gardiens de ces poursuites’’. Mais, je fais confiance à la Justice. », a-t-il laissé espérer.

Du côté des associations de presse les initiatives se multiplient afin de permettre aux différentes juridictions de rectifier le tir. Et les professionnels de la Communication n’excluent pas de porter plainte contre le juge en charge du dossier, alors que les avocats comptent interjeter l’appel, suite à cette condamnation de nos trois confrères qui écopent chacun d’une peine de 2 mois de prison assorti de sursis et une amende de 500 000 FG.

Alfred Bangoura, www.kababachir.com

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