Condé consulte les forces vives : noyer la crise dans la diversion ?  

« Dans le cadre des consultations avec les forces vives de la nation, le Président de la République, le Professeur Alpha Condé a entamé une série de rencontres avec la classe politique nationale. » Ce communiqué du bureau en dit long sur la réelle volonté d’Alpha Condé à jouer la diversion comme toujours, dans des circonstances troubles. Majorité silencieuse ou forces vives Alpha Condé s’occupe et détourne les projecteurs, du macadam aux lambris dorés du Palais.

Chef de file de l’opposition, mouvance, UFR, etc., tout et n’importe quoi viennent à Sékhoutouréya écouter un Alpha Condé, sonné à l’issue de législatives et affaibli avec de nombreuses perturbations syndicales et politiques. On ne sait pas trop que vient faire tout ce beau monde au Palais, alors que l’acteur principal à écouter c’est bien Dalein et Cie, ceux qui réclament des voix détournées mais qui ont perdu avec les recours, à cause de la partialité de la Justice. Ceci permettra davantage à mieux coller au communiqué de la Présidence : «Fidèle à ses principes d’apaisement et de paix, Monsieur le Président de la République reste persuadé que seuls le dialogue et la concertation permettront de trouver des solutions aux problèmes de l’heure et amener les Guinéens à se comprendre. »

Il se trouve que l’opposition républicaine marchent et se fait réprimer dans le sang, fréquemment avec des destructions de biens privés et/ou publics. Appeler tout le monde est tout sauf porteur. Alpha Condé n’a qu’à faire appliquer les accords signés. Il n’a pas besoin de consulter tout son bataclan ou inviter devant les flashes et cameras des acteurs politiques de moindre envergure.

C’est de la comédie politique. Damaro Camara est même de cet avis : «Je crois qu’on a institutionnalisé ces genres de rencontres. Nous devons  reprocher aux deux que ces rencontres n’aient pas été usitées pour calmer les jeunes. (…) Quand on a une loi électorale qui indique clairement les instances qui doivent se prononcer sur les contentieux et que ces instances se prononcent, qu’on ne soit pas d’accord sur ces instances, sur le résultat ou la décision de celles-ci qui sont dans la loi sans appel. Mais la seule chose qui reste quand un magistrat a mal jugé, on a le conseil supérieur de la magistrature pour porter plainte contre ce magistrat. (…) On a eu toujours des dialogues en contournant la loi pour, au nom de la stabilité et de la paix et on n’a ni paix ni stabilité. Il faudrait qu’on respecte la loi. »

Alpha Condé doit donc arrêter sa diversion.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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