Condé-Erdogan-Sassou : le trio vengeur, le CNRD en alerte

Alpha Condé, Recep Tayyip Erdogan et Denis Sassou Nguesso Sassou. Voilà un dangereux trio à craindre. C’est un trio porté sur la revanche. Les deux derniers peuvent bien venger le premier, à travers des connexions sordides visant à renverser le CNRD, avec à sa tête Mamady Doumbouya. Si l’on en croit à Embalo, le président Sassou n’a pas apprécié le coup de force. Et du coup, il se porte candidat à accueillir le président déchu, l’ami de longue date. Même volonté affichée par le Turc Erdogan. Ce trio vengeur est à surveiller.  

« Le président Sassou-Nguesso du Congo est parmi les premiers. Il a dit qu’il pouvait le prendre. C’est un ami du président Alpha de longue date. Le président Sassou quand il m’a appelé, beaucoup de présidents m’ont appelé. Erdogan m’avait appelé. Beaucoup de chefs d’Etat ne connaissaient pas Doumbouya. Mais j’ai cherché le numéro de Doumbouya. Je lui ai dit « mon frère, il faut tenir en considération l’âge d’Alpha. » Erdogan m’avait dit qu’il pouvait prendre Alpha pour des questions humanitaires, pour voir son médecin parce qu’il a son médecin là-bas. Moi, je n’ai fait que transmettre. Mais le président Sassou-Nguesso effectivement je ne l’ai jamais vu triste comme ces jours, pendant le coup d’Etat. » Sissoco Embalo plante ainsi le décor. Sans trop s’y aventurer.

A 77 ans, Denis Sassou Nguesso est en train de passer ses trente-six ans au pouvoir. Un pouvoir sans partage. Ce militaire congolais qui avait déjà été cité dans les enquêtes précédentes du consortium journalistique ICIJ, à l’origine des révélations des « Pandora Papers » est toujours cité dans la compagnie Inter African Investment immatriculée aux îles Vierges britanniques, un paradis fiscal des Caraïbes. Cette société chapeauterait Ecoplan Finance Ltd, elle-même propriétaire d’Escom Congo, entreprise de construction et d’immobilier ayant des droits sur des mines de diamant congolaises. Le bénéficiaire de la structure serait le président lui-même ; l’une de ses filles, Julienne, aurait été l’une des dirigeantes d’Ecoplan Finance Ltd, société désormais inactive. Denis Sassou Nguesso à la tête d’un empire dans les diamants sales est donc cet homme qui est un ami d’Alpha Condé. C’est bandit des Grands Lacs et environs. Il est à surveiller.

Le Turc Recep Tayyip Erdogan renforce la présence turque sur les plans économique, politique et militaire en Afrique. C’est une autre machine à broyer des opposants. Fetullah Gülen, et la purge sans précédent de l’appareil d’État avec quelque 80 000 fonctionnaires limogés, puis la traque des partisans supposés de Gülen constitue la sale œuvre d’Erdogan. En 2003, le volume des échanges entre Ankara et l’Afrique subsaharienne est passé de 5,4 milliards de dollars à plus de 25 milliards de dollars en 2020. Sur le plan diplomatique, l’implantation de la Turquie a été fulgurante, en 2009, Ankara ne disposait que de douze ambassades contre 43 aujourd’hui, si on compte la dernière ouverture, au Togo. La compagnie aérienne nationale Turkish Airlines opère des vols vers 60 destinations différentes dans 39 pays tandis que l’Agence turque de coopération internationale et de développement a élargi ses activités sur tout le continent.

Cette prééminence sur bien des pays africains peut bien influencer pour asseoir des bases-arrières afin de déstabiliser la transition en Guinée et donc réhabiliter Alpha Condé dont les fortes capacités de nuisance ne sont plus à démontrer. Au niveau interne, les caciques civilo-militaires du défunt régime sont neutralisés en partie, mais, ils peuvent tous se reconstituer comme une hydre blessée et jouer à la compromission. A la guerre comme à la guerre ! Mais, le CNRD est alerte.

Diplomatiquement, la junte prend les devants et elle ne veut pas se faire surprendre. Elle est en train de tisser de bons rapports de voisinage avec tous ceux qui furent des ennemis supposés ou réels d’Alpha Condé. La sécurité du territoire reste un impératif. Le CNRD y veille. Rien n’est acquis d’avance. Et rien ne doit distraire Mamady Doumbouya et son équipe fut-elle sans composition distincte.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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