Contrôle du port des bavettes à Kankan : Les policiers exercent des méthodes déplorables !

Dans la commune urbaine de Kankan, le contrôle du port des bavettes, se fait de façon du chat qui guette la souris. C’est un scénario gratuit, chaque jour au rond-point de l’université tout comme à d’autres endroits de pointage des agents de la police au centre ville. Les policiers n’ont plus d’yeux que pour ce contrôle.

Ne se souciant même plus des autres tâches qui leurs sont dévolues comme la régulation de la circulation, ils sont à tout moment aux aguets. Toujours prêt à bondir sur le premier contrevenant qui passe. Ils s’empressent d’encaisser les 30.000 GN d’amende, l’empochent et repartent à la chasse aux sorcières.

Ils suivent les citoyens au moindre geste. A peine le jeune Abdoul Karim Condé a poussé sa bavette vers le menton pour communiquer au téléphone, qu’il se fait prendre par un agent policier qui n’attendait que ça de sa part.

« Quand j’ai fini d’acheter mon téléphone, j’ai commencé à recevoir l’appel d’un ami. Comme il semblait ne pas m’entendre bien avec le masque de l’autre bout du fil, c’est pour cela que j’ai décidé d’enlever ma bavette pour qu’on puisse mieux se comprendre. En même temps, ils m’ont appréhendé en me disant de payer 30.000fg. J’ai beaux les expliqué mais ils ne veulent rien comprendre. ». A-t-il relaté.

Les policiers, chargés de faire respecter cette mesure barrière de riposte contre le Covid 19, dans l’exécution de leur tâche sont aussi très décriés par Abdoulaye Diallo un autre citoyen ayant déjà été victime de leurs agissement.

« Si on part du principe édicté par le chef de l’Etat dans son décret, je dirai que c’est bien, tout le monde doit porter son masque pour éviter la maladie du coronavirus. Mais ceci dit,  la manière dont les policiers d’ici agissent, est très déplorable. Ils te brutalisent d’abord comme ils veulent. Pour une histoire de bavette ils vont te trimbaler, on dirait que tu as tué quelqu’un. Après ils tendent la main pour prendre l’argent. Nos montants qu’ils prennent vont directement dans leur poche. Aucun moyen de traçabilité, ils prennent  et ils enfilent ça  dans la poche. Ni vu, ni connu ». A-t-il dénoncé.

Tout compte fait, après avoir payé sa contravention, il lance un appel afin que les policiers revoient leur méthode de contrôle qui, pour le moins qu’on puisse dire, reste  exagérée et sans vergogne.

«  Ils n’ont qu’à changer de méthode avec la population. Porter le masque, qu’on le veuille ou pas, n’était pas de notre quotidien. Donc il arrive forcément des instants où l’esprit oublie. C’est vrai qu’il faut appliquer la loi, mais nous faire une chasse aux sorcières juste pour se remplir les poches, est mauvais. Et puis ce que nous payons, quand on est en infraction, devrait aller dans la caisse du trésor public et non pas dans leurs poches. C’est ce qui serait avantageux ». A-t-il signalé au passage.

Ces histoires de contrôle exagéré et abusif du port de masque, sont très récurent à longueur de journée dans la commune urbaine de Kankan. Elles génèrent également  d’importes recettes. Même si questionnées dans une précédente dépêche, les autorités policières, les sous-estiment et les jugent insuffisantes pour assurer ne serrait-ce que leurs frais de carburation pour les patrouilles.

Si on en croit le service local du trésor public, depuis le début de ces opérations par la police, aucun copeck, n’y a jamais été versé. Alors pour de nombreux observateurs, il est du devoir des autorités de définir avec exactitude la destination des recettes qui en découlent.

Mais en attendant donc, c’est encore déjà reparti pour la chasse aux sorcières !

Ahmed Sékou Nabé, correspondant de Kababachir.com à Kankan

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