Coopération militaire/Russie : Le terrorisme est-il le seul enjeu ?

Au nombre des avantages que la délégation du président Alpha Condé pourrait ramener de son déplacement en Russie, il y a le réveil de la coopération entre les deux pays dans le secteur de la défense. Conséquence concrète, on annonce la prochaine mise en place en Guinée d’une unité anti-terroriste dont la formation et l’équipement serait à la charge de la partie russe. Au regard de la situation qui prévaut dans le monde avec l’expansion sans cesse du péril islamiste, une telle nouvelle ne peut que réconforter le soutien ordinaire qui peut y voir des efforts pour sa sécurisation ainsi que celle de son bien. Mais vu le contexte qui entoure ce déplacement du président guinéen chez Vladmir Poutine, il y a lieu de se demander si le terrorisme n’est pas qu’un prétexte.

En effet, certains avaient déjà vu dans le voyage présidentiel, une démarche visant à renforcer l’arsenal militaire et policier dans l’optique de contestations qui sont logiquement prévisibles, au regard des ambitions du chef de l’Etat pour un troisième mandat. S’imaginant que le cas guinéen pourrait être plus difficile que ce à quoi Denis Sassou Nguesso avait été confronté, le président Alpha Condé chercherait donc à amasser les moyens de répression. Ce qui, logiquement fait dire à des observateurs que la réactivation en perspective de l’accord de coopération militaire entre les deux pays, n’est qu’une confirmation de ces soupçons.

Autrement, poursuivent les mêmes observateurs dans leur raisonnement, jusqu’ici Alpha Condé s’est bien senti avec les coopérants et les instructeurs militaires français et/ou américains. S’il sent subitement le besoin de changer de partenaire, alors que dans la sous-région, c’est plutôt la France qui est en première ligne à travers notamment l’opération Barkhane, c’est qu’il cache autre chose.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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