Coordinations régionales : un impact destructeur !

Avec un peu de recul et au regard de l’impact potentiellement destructeur des coordinations actuelles, il parait opportun d’ouvrir un débat autour de ces fameuses coordinations régionales, aux fortes effluves du chaos.

Un petit rappel

Au commencement, on les appelait : Amicale Gilbert Vieillard (1944-1954). Son rayon était élargi jusque dans le Macina. Il regroupait essentiellement la communauté peule. En 1946, l’Amicale adhère au Rassemblement Démocratique Africain (RDA), mais selon des historiens, le 14 novembre 1949, on y a enregistré le divorce. Union de la Basse Guinée. Elle date du 26 février 1946. Elle regroupait pour l’essentiel que de Soussou pro et anti RDA. Union Forestière : ici aussi ce sont les communautés forestières qui s’étaient retrouvées depuis le 5 janvier 1946. Là aussi, la rupture avec le RDA interviendra en décembre 1949. Union du Mandé : elle voit le jour le 13 mai 1944. Avec de petites mutations, cette Union créera sa rupture avec à l’occasion de son Congrès du 7 février 1949 à Kankan et adopta des positions violemment anti RDA et anti PDG. Un seul dénominateur commun : la politique, la scission et les jeux d’intérêts.

Une réalité bien compréhensible. A l’époque en effet, Le Réveil, n° 368 du 13 juin 1949, justifiait que : « En 1946, il n’existait ni en AOF, ni en Guinée un seul groupe spécifiquement africain appelant à l’union des groupes ethniques et des races. »

Pourtant, à cette date – 1946 – le RDA était déjà en action. Il prenait en ligne de compte les « profondes aspirations de notre Afrique, tend à unir dans un front commun toutes les couches sociales sans distinction de races pour opposer leur grande force au colonialisme oppresseur. » Conclusion du Le Réveil, piloté à un moment donné par Sékou Touré : « L’heure des groupements racistes est révolue. Les hommes qui travaillent à leur maintien divisent les africains. »

L’héritage lourd

Plus d’un demi-siècle s’est écoulé, mais l’héritage laissé, reste vraiment lourd. Sur le vaste champ de ruine a couvé encore sous la cendre, une élite qui met tout sa nuisible influence dans la vie de la nation guinéenne. Avec des gestes peu avisés, les héritiers supposés, regroupés en clan sont aujourd’hui plus marqués par l’expression tribale et l’ascendance sur les autres que pour préserver les acquis  comme l’unité nationale. Dans ce conglomérat, on rencontre de faiseurs de rois, de courtisans camouflés ou tout simplement de militants déguisés qui ne défendent que ‘’leurs fils’’ aspirant à commander la Guinée ou qui la commande déjà. C’est héritage lourd. Très lourd, car les missions originelles ont été obliquées.

Les coordinations actuelles (Haal Pular, Manding, forestière, Basse-côte avec le fameux Koutingui politisé) ont une forte capacité de nuisance sur la gestion des hommes politiques, qu’on soit au pouvoir ou de l’opposition, ou tout simplement leader politique influent.

Honteuse estampille

Chacune des coordinations régionales s’est estampillée. Comme si c’était hier, l’image de ce Manding qui s’était levé à l’entre-deux-tours, pour rencontrer le PM de la transition, en présence de certains anciens ministres de Conté pour menacer de ‘’retirer leur fils de la course de la présidentielle’’ si sa sollicitude n’est prise en compte’’. Doré, pris de panique, mais fin politicien teintée de rhétorique, tente de jouer le jeu et de promettre. Dalein s’est vite insurgé contre cet état de fait. Mais sans suite. Bien après, c’est la communauté forestière qui se lève pour soutenir d’abord Alpha Condé l’attentat de Kipé. La Basse-Guinée, minée par une querelle de leadership se fait une deux têtes : une tête pour l’opposition, une pour le pouvoir. Celle qui est proche de l’opposition vire vers Dalein ‘’l’opposant qui est resté fidèle à notre fils, le général Lansana Conté’’. L’autre se dit être pour tout le monde, toute la Guinée. Mais dans les faits, on sait ce qui se passe.

Hal Pular ? Tout le monde a suivi des déclarations à l’emporte-pièce des têtes pensantes de cette structure pendant que militants du RPG et ceux de l’UFDG se faisaient du tort en cassant mutuellement leurs biens. Cette coordination Hal pular s’est aussi trouvée une place politique pour « défendre ses fils » ou celui qui est mieux en vue pour remplacer Alpha Condé. On a vu la communauté Baga s’insurger parce que son fils Mathurin Bangoura a été inquiété par la Justice. Même cas avec Pivi et le député UFDG de Dixinn. En mille ou en deux mille mots, c’est une honteuse estampille qui disqualifie d’office ces organisations tribalo-politiques aux impacts destructeurs.

La démarche d’après

Au regard des dérives enregistrées par ces différentes coordinations, une démarche s’impose : la dissolution. Car, celles-ci « sont devenues des forteresses et des sources d’inspirations politiques des esprits médiocres », se lâche un leader politique, ancien allié d’Alpha Condé.

Les coordinations régionales ont manqué à leurs missions, celles de jouer le rôle de dernier fusible, à chaque fois que le tissu social est menacé. Donc des facteurs d`unité nationale, de concorde et de support de paix. Désormais, ces sont les mêmes coordinations qui soufflent sur les braises (les mots ne sont pas trop forts). Elles n’ont donc plus leur raison d’être : anachroniques et antinomiques. Le nouvel ordre voudrait que seule l’autorité publique prévale.

Pour les politiques épris de paix d’unité, il est temps de s’affranchir de ces coordinations, après les avoir utilisées comme une arme de dissuasion face à l’ennemi commun ou imaginaire et comme une arme de conquête du pouvoir. Alpha Condé a tenté le coup de bluff en allant rencontrer la coordination Mandingue en « qualité de fils du Manding et non de président de la République. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

  1. Mogo dit

    Ces coordinations sataniques doivent s’auto-dissoudre ou etre tout simplement interdites par une loi votee par l’assemblee nationale. La seule chose qui vaille, c’est le progres et le developpement de la Guinee. Si on veut faire de la politique on milite au sein d’un parti politique. Si on veut faire de l’huminaire ou du developpement locale on adhere a une ONG etc…
    Par ailleurs nous sommes tous fils de Ougadou, Mande, Songhai
    , Macina, Fouta-Djallo pour ne citer que ceux-ci. En tous cas, c’est ce que la vraie histoire de l’Afrique nous enseigne.

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