Coronavirus: état des lieux de la pandémie dans le monde le 12 mars 2020

Après l’annonce choc de Donald Trump mercredi 11 mars au soir, à savoir l’interdiction aux Européens de voyager aux États-Unis, les Bourses mondiales replongent. En progression dans le monde entier, le virus est désormais qualifié de pandémie par l’OMS. Le point sur la situation dans chaque continent.

► Suivre ici l’évolution de la pandémie à partir du 13 mars 2020

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré ce mercredi 11 mars que l’épidémie du Covid-19, qui a contaminé plus de 110 000 personnes dans le monde depuis fin décembre, peut être considérée comme une « pandémie ». Mais elle est « maîtrisable », a soutenu l’organisation lors d’une réunion avec les États membres au siège de l’agence spécialisée de l’ONU à Genève.

Cependant « on ne peut pas combattre un virus si on ne sait pas où il se trouve. Cela signifie qu’il faut une surveillance robuste pour trouver, isoler, tester et traiter chaque cas, afin de briser les chaînes de transmission », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, devant les diplomates.

► Au Moyen-Orient, l’Iran appelle à l’aide financière du FMI

Le nombre des personnes contaminées a encore augmenté en Iran, dépassant le chiffre de 10 000 personnes alors que les autorités font état de 429 morts depuis le début de l’épidémie. Téhéran a demandé ce jeudi à bénéficier d’une aide de 5 milliards de dollars au FMI et la levée immédiate de toutes les sanctions américaines.

► L’Afrique apparaît comme le continent le moins touché par la maladie

Quelque 117 cas de contamination ont été avérés et 2 personnes sont décédées, une femme de 89 ans au Maroc et un touriste allemand en Égypte. Les personnes contaminées arrivent souvent d’Europe et le continent africain apparaît comme le moins touché par la maladie.

L’Algérie a enregistré son premier décès dû au virus, a annoncé ce jeudi le ministère de la Santé. Cinq nouveaux cas ont été confirmés pour atteindre au total 24 dans le pays.

Nos derniers articles :

Coronavirus: quelles mesures attendent les voyageurs sur le continent africain

Coronavirus: le Burkina Faso interdit les manifestations et rassemblements publics

Coronavirus: en Afrique du Sud, les trois principales provinces touchées

Afrique du Sud: l’économie à l’épreuve du coronavirus

Coronavirus: la Côte d’Ivoire annonce son premier cas de contamination

Coronavirus: interdiction des rassemblements en Algérie

Coronavirus: toutes les compétitions de foot africain maintenues

Plongeon des cours du pétrole: les conséquences en Afrique

► L’Asie reste de loin le continent le plus touché

Le continent asiatique dénombre quelque 90 535 cas de contamination et 3 236 décès. En Chine, foyer de l’épidémie,le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes au coronavirus a chuté à 15, a annoncé ce jeudi le ministère de la Santé. Un nombre au plus bas depuis le début de la publication des statistiques mi-janvier. Parmi ces cas supplémentaires figurent cependant six personnes arrivées dans le pays depuis l’étranger, signalant un nouveau défi pour les autorités sanitaires chinoises, qui avaient réussi à endiguer l’épidémie sur leur sol.

Par ailleurs, la Chine a fermé ce jeudi son accès à l’Éverest. Les permis chinois d’ascension de l’Éverest sont annulés, ont annoncé des organisateurs d’expédition, à quelques semaines du début prévu de la haute saison. Le plus haut sommet de la Terre est accessible par la Chine par son versant nord, et par le Népal au sud. Cette dernière voie, traditionnellement la plus empruntée, ne fait pas en l’état l’objet d’une interdiction.

Malgré sa proximité géographique et ses échanges avec la Chine, Taïwan ne recense à ce jour que 49 cas confirmés et un décès lié au coronavirus. Face à ce qui est désormais une pandémie, selon l’OMS, ce faible nombre d’infections met en lumière la bonne gestion de la crise par Taipei.

La Corée du Sud est le deuxième pays le plus touché avec près de 8 000 personnes contaminées et 66 personnes décédées. Séoul a fait état ce jeudi de 114 nouveaux cas d’infection au nouveau coronavirus. Mais les autorités s’inquiètent de la virulence d’un nouveau foyer d’infection dans la capitale sud-coréenne. Une centaine de cas de contamination en lien avec un centre d’appel ont en effet été recensés ces derniers jours.

Aux Philippines, le président des Philippines Rodrigo Duterte a annoncé jeudi la mise en quarantaine de la capitale Manille, où les grands rassemblements sont désormais interdits et les écoles fermées pendant un mois pour endiguer la propagation du coronavirus. Le président Rodrigo Duterte, âgé de 74 ans et qui fait donc partie des personnes vulnérables, va être testé pour le virus, après la désinfection du Sénat et de la Banque centrale. Si l’archipel philippin est encore peu touché par la pandémie, le pays connaît ces jours-ci une forte augmentation du nombre de cas de contamination, qui a doublé de 24 à 49 depuis lundi 9 mars.

Au Japon, la question est toujours plus lancinante : faut-il annuler les Jeux olympiques de Tokyo ? C’est « impensable », a déclaré ce jeudi Yuriko Koike, gouverneure de la capitale japonaise, même s’il n’est pas exclu que la qualification de « pandémie » désormais appliquée au coronavirus ait une incidence, a-t-elle précisé. Le Japon a débloqué une enveloppe de 13,4 milliards d’euros pour accorder des prêts sans intérêt aux petites et moyennes entreprises.

L’Inde a enregistré son premier décès dû au coronavirus. Les autorités ont annoncé mercredi la suspension des visas touristiques à partir de vendredi et pour un mois. Le pays de Narendra Modi compte une soixantaine de cas identifiés et encore aucun décès, mais la propagation peut aller très vite dans le 2e pays le plus peuplé du monde.

Le Pacifique Sud est, lui aussi, touché par le virus. Ce mercredi, Maina Sage, députée UDI de la Polynésie française à l’Assemblée nationale, a été testée positive au Covid-19. De retour de métropole deux jours plus tôt, elle s’était sentie souffrante ce lundi 9 mars, a déclaré Édouard Fritch, président de la collectivité ultra-marine. la députée se trouve en isolement chez elle et sans symptôme grave pour l’instant.

En Asie centrale, le Kazakhstan a annoncé ce jeudi la fermeture de ses écoles, cinémas et universités, ainsi que l’annulation de tous les événements publics pour limiter la propagation du nouveau coronavirus. « Le gouvernement commence à mettre en place des mesures de prévention spéciales. Les événements publics sont annulés », a indiqué le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev sur son compte Twitter. L’Organisation mondiale du commerce a estimé jeudi que la pandémie du nouveau coronavirus rendait infaisable la tenue de sa prochaine conférence ministérielle prévue du 8 au 11 juin au Kazakhstan.

► En Europe, ministre espagnole contaminée, premier décès en Grèce

En Irlande, toutes les écoles, universités et institutions culturelles seront fermées à partir de ce vendredi et jusqu’au 29 mars pour tenter de contrer la progression de l’épidémie de nouveau coronavirus, a annoncé ce jeudi le Premier ministre irlandais Leo Varadkar. Le gouvernement irlandais recommande également d’annuler tous les rassemblements de plus de 100 personnes dans des lieux fermés et de plus de 500 personnes à l’extérieur, a-t-il précisé. Un premier décès imputé au coronavirus a été signalé mercredi en Irlande, où le nombre de cas est passé en 24 heures de 34 à 43.

En Espagne, la ministre de l’Égalité, Irene Montero, a été testée positive au nouveau coronavirus, a annoncé ce jeudi le gouvernement dont tous les membres vont être soumis à un test. Le compagnon de cette ministre, le chef du parti de gauche radicale Podemos et vice-président du gouvernement Pablo Iglesias, est « en quarantaine », a ajouté le gouvernement dans un communiqué. L’Espagne, désormais l’un des pays européens les plus touchés avec l’Italie, la France et l’Allemagne, a recensé 2 968 cas et le nombre de morts a presque doublé pour atteindre 84, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

►En France: tous les établissements scolaires fermés à partir de lundi

En France, c’est la journée de mobilisation pour le gouvernement. Dans une déclaration solennelle aux Français depuis l’Élysée jeudi soir, le président français a annoncé que toutes les crèches, tous les établissements scolaires et les universités seront fermés à partir de lundi 16 mars « jusqu’à nouvel ordre » pour freiner l’épidémie de coronavirus, mais les élections municipales seront maintenues, le premier tour se tient dimanche 15 mars.

Toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, ainsi que celles qui souffrent de maladies chroniques ou de handicap, sont invitées à rester chez elles et à limiter au maximum leur déplacement au « strict nécessaire », en privilégiant le télétravail, a-t-il ajouté.

Cette épidémie est « la plus grave crise sanitaire depuis un siècle », a déclaré le président français. « Nous aurons sans doute des mesures de contrôle, de fermeture de frontières à prendre, mais il faudra les prendre à l’échelle européenne », a déclaré le chef de l’État.

Dans la matinée, le Premier ministre, entouré de cinq ministres, dont ceux de la Santé et de l’Intérieur, a reçu les présidents des Assemblées et des groupes parlementaires, ainsi que les chefs de partis et les présidents des associations d’élus. A leur sortie, les responsables de l’opposition ont réclamé des mesures sociales et économiques.

Le président de la République a aussi annoncé des mesures « exceptionnelles et massives » de chômage partiel qui ira « beaucoup plus loin » que les annonces déjà faites par le gouvernement pour « préserver les emplois et les compétences ». « L’État prendra en charge l’indemnisation des salariés contraints à rester chez eux. (…) Je veux que nous puissions protéger aussi nos indépendants, et donc nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour donner cette garantie sur le plan économique », a indiqué Emmanuel Macron.

Quelque 3 600 entreprises françaises pénalisées par la propagation du nouveau coronavirus avaient demandé à bénéficier de mesures de chômage partiel pour environ 60 000 salariés, avait indiqué ce jeudi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud. Soit quatre fois plus qu’en fin de semaine dernière. Ce dispositif d’activité partielle, qui vise à maintenir l’emploi en cas de baisse d’activité, représente à ce stade un coût de 180 millions d’euros pour l’État, a ajouté la ministre qui a assuré « ne pas avoir de limite budgétaire » pour soutenir l’emploi.

La Grèce a annoncé ce jeudi son premier mort du nouveau coronavirus. Il s’agit d’un Grec sexagénaire ayant voyagé fin février en Israël. L’homme de 66 ans avait été admis à l’hôpital de Patras, dans le sud-ouest du pays, le 2 mars et intubé le 6 mars. Il est décédé ce matin, a annoncé le ministère grec de la Santé dans un communiqué.

Outre la France, les pays européens les plus touchés sont l’Italie et l’Espagne.

► Donald Trump interdit aux Européens d’entrer aux États-Unis

Lors d’une allocution à la télévision mercredi soir, le président américain Donald Trump a annoncé des mesures drastiques pour lutter contre le coronavirus. La plus marquante : la suspension de tous les voyages depuis l’Europe vers les États-Unis pour une période de 30 jours. Vingt-six États européens sont concernés par l’interdiction, qui épargne la Grande-Bretagne.

En réaction, l’Union européenne a désapprouvé cette « décision » prise par le président américain « de façon unilatérale et sans consultation », ont affirmé ce jeudi les présidents de la Commission et du Conseil. « Le coronavirus est une crise mondiale, qui n’est pas limitée à un continent et qui requiert de la coopération plutôt qu’une action unilatérale », ont déclaré Ursula von der Leyen et Charles Michel dans un communiqué.

Même s’il n’est pas concerné, le Royaume-Uni a, lui aussi, critiqué ce jeudi la décision de Donald Trump. Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a estimé que l’efficacité de cette mesure n’était « pas prouvée ». « Nous ne pensons pas que c’est ce qu’il faut faire », a déclaré M. Sunak sur la BBC.

Les Bourses mondiales ont également mal réagi. La décision du président américain de suspendre les vols européens vers les États-Unis pour trente jours en raison du coronavirus accélère la débandade sur les marchés financiers.

Mais les Américains ont sans doute été plus frappés ce mercredi 11 mars par la suspension de la saison de basket de la NBA suite à l’infection d’un joueur, le Français Rudy Gobert selon certaines sources, que par la déclaration de Donald Trump et ses mesures drastiques. La date de reprise de la saison reste inconnue alors qu’il reste une vingtaine de matches à jouer.

L’acteur Tom Hanks et son épouse ont été placés à l’isolement dans un hôpital australien après avoir été testés positifs au nouveau coronavirus. La star américaine préparait un tournage en Australie.

Le monde du spectacle est également ébranlé par les annulations en série à cause de la pandémie. Festival Coachella reporté en Californie, South by Southwest annulé au Texas, Ultra à Miami… En plus de ces trois grands festivals, Pearl Jam, Madonna et Santana font partie des vedettes qui ont annulé ou reporté des concerts aux États-Unis et à l’étranger, tandis que l’Orchestre symphonique de Boston ou l’American Ballet Theater de New York ont annulé des tournées en Asie et au Moyen-Orient.

La ville de New York a, de son côté, reporté sa traditionnelle parade de la Saint-Patrick du 17 mars en raison du coronavirus, a annoncé ce mercredi 11 mars le maire, Bill de Blasio.

Le réseau social américain Twitter a, lui, donné l’ordre ce jeudi à tous ses employés dans le monde de travailler depuis leur domicile afin de lutter contre la propagation du nouveau coronavirus.

► L’Amérique latine prend des mesures drastiques

Le premier cas en Amérique latine n’a été confirmé que le 26 février, au Brésil, sur un patient ayant séjourné en Italie. Depuis, le virus a touché 12 pays latino-américains, avec environ 150 cas confirmés, dont 52 au Brésil, pays le plus touché, suivi par le Chili avec 23 cas. Deux personnes sont décédées, une en Argentine, l’autre au Panama. Cuba a recensé mercredi ses trois premiers cas, des touristes italiens.

C’est au Brésil donc que la préoccupation est actuellement la plus importante. Rien que sur les 24 dernières heures, les cas testés positifs ont été multipliés par deux. Même le secrétaire à la Communication du président Jair Bolsonaro a été diagnostiqué comme porteur du Covid-19. Et comme l’a expliqué la ministre brésilienne de la Santé, cette épidémie qui ne devrait plus tarder à arriver risque d’être fatale pour un système de santé qui n’a pas la capacité de réponse dans une telle situation.

Face à l’avancée du coronavirus, les gouvernements d’Amérique latine prennent à leur tour des mesures drastiques, avec notamment des quarantaines obligatoires pour les voyageurs en provenance des pays les plus touchés et la suspension de rassemblements sportifs ou festifs.

Dans la foulée du Chili où les 23 cas confirmés ont tous été importés, la Colombie, l’Argentine, le Pérou, le Guatemala et l’Équateur ont annoncé mercredi que les voyageurs en provenance des pays les plus affectés, notamment Chine, Italie, Espagne et France, seraient systématiquement placés à l’isolement à leur arrivée. Le Salvador, pour l’heure épargné, a pris une décision radicale : le président Nayib Bukélé a annoncé mercredi l’interdiction d’entrée d’étrangers sur son territoire, sauf les résidents et diplomates, qui seront soumis à une quarantaine de 30 jours.

Au Mexique, pays frontalier avec les États-Unis, les autorités disent se préparer à l’arrivée de l’épidémie dans les 15 prochains jours. C’est n’est qu’à ce moment-là que des décisions seront prises et des actions menées, selon la presse mexicaine.

Source: RFI

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.