Corruption dans le monde: le rang de la Guinée (148è/180) intrigue !

La branche guinéenne de l’ONG Transparency International a publié son rapportsur l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2017. La République de Guinée décroche 27 points sur 100 et place le pays au 148è rang sur 180 pays dans le monde. La Guinée est donc au 31è rang sur les 49 pays africains classés.

Selon le rapport, les six premiers pays africains les mieux classée (et qui ont 50 points et plus) sont : Botswana 61, Seychelles 60, Cap Vert 55, Rwanda 55, Namibie 51 et Maurice 50. Et, les cinq derniers pays africains sont : Guinée Equatoriale 17, Guinée Bissau 17, Soudan 16, Sud Soudan 12 et Somalie 9. Cette place qu’occupe la Guinée intrigue plus d’un observateur. En effet, la publication de ce rapport intervient au moment même où des opposants, des partenaires techniques et financiers (PTF) dénoncent tour à tour des graves violations dans l’attribution des marchés publics : marchés de travaux, de fournitures, de prestations intellectuelles et mixes. Les autorités de Conakry contournent carrément le Code des marchés publics et octroient des marchés à des proches, amis, etc. sans aucun appel d’offre, ni ouvert, ni restreint, ni de gré à gré, etc.

De quoi alimenter la corruption à grande échelle. Taran Diallo, président de l’association guinéenne pour la transparence et président d’honneur de la coalition ‘’Publiez Ce Que Vous Payez Guinée’’ a tout de même précisé que les chiffres donnés « est une enquête qui mesure la perception de la corruption des autorités publiques et des partis politiques qui se concentre sur les perceptions et non sur les données réelles ; et, qui reflète les vues d’observateurs expérimentés, tels que des analystes pays et des hommes d’affaires ».

Quoi qu’il en soit, quand Alpha Condé parle de lutte contre la corruption, ceux qui connaissent sa gouvernance tournent carrément le dos ou se bouchent les oreilles. C’est en effet une rengaine sans fin que constituent ces genres de déclarations du chef de l’Etat guinéen. Il annonce beaucoup plus qu’il ne sévisse. Désormais, menace Alpha Condé récemment, «J’ai décidé que les marchés publics ne lancent plus les appels d’offres. Ce sont les départements qui vont identifier leurs besoins et faire le travail qui sera contrôlé par les Grands projets. Il y a d’autres mécanismes également qui vont être mis en place pour contrôler ces départements. Les marchés qui vont être passés, on vérifiera si c’est bien exécuté. A l’EDG par exemple, vous verrez. Les 518, ces jeunes DAF que nous avons recrutés, m’ont aidé à comprendre beaucoup de choses. Ils ont découvert assez de choses. »

Cette déclaration d’Alpha Condé fait soupirer Chérif Bah, vice-président de l’UFDG. Ce haut responsable dénonce ce qu’il appelle des « incohérences » du président. Extrait : « Il y a deux incohérences, on dit que la Guinée a gagné 10 points en matière de doing-business. Ça veut dire que moi homme d’affaires quand je viens en Guinée c’est facile de monter mon affaire et de travailler. Donc vraiment c’est bon.  Mais au même moment la Guinée a perdu 5 points dans la corruption. On était 142éme on est descendu 147éme pays corrompu. On est dans les 29 pays les plus corrompu du monde. Comment voulez-vous avoir un pays plus corrompu et un pays qui à la fois prospère dans les affaires ? C’est incohérent. » Intriguant !

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

 

 

 

 

 

 

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