Corruption en Guinée : les chiffres sont-ils à revoir à la hausse?

« Selon le rapport 2011 de l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption, repris par celui de 2017, le volume des pots de vin pour la Guinée avoisine en moyenne 600 milliards de francs guinéens chaque année. La même source indique que les opérateurs économiques déclarent avoir payé près de GNF 500 milliards par an en paiement non officiel et 75% des entreprises affirment faire des cadeaux pour obtenir des contrats. »

Cet extrait du discours de politique générale du Premier ministre crée polémique, au-delà de l’engagement affiché par Kassory Fofana de « mettre au centre de l’action gouvernementale la lutte contre la corruption pour traduire dans la réalité la vision du Chef de l’État pour une gestion parcimonieuse des finances publiques, de façon à investir plus efficacement dans l’amélioration des conditions de vie des populations. »

Le président de l’UFR estime en effet qu’il faut revoir les chiffres à la hausse. « Moi, j’ai entendu des chiffres qui semblent totalement en dessous de la réalité, 600 milliards je crois. Je dirai que c’est 10 fois plus. Il faut regarder les choses comme elles sont. Le Dr Makanéra qui est un enseignant a publié un document sur le budget guinéen dans les réseaux sociaux. Prenez le temps, lisez-le. Et coché ce qui vous parait anormal, vous allez voir combien d’économies vous pouvez faire sur les 2 milliards de dollars que représente à peu près le budget guinéen. Vous pouvez en retirer 20%, 25% sans que rien ne change », avance Sydia Touré.

Le président de l’UFR s’insurge contre la démarche du gouvernement qui consiste à « faire croire aux populations qu’elles doivent serrer la ceinture alors que, vous vous ne donnez pas la preuve que vous luttez contre des choses de ce genre. »

Le message est bien perçu.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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