Corruption en Guinée : une loi répressive en examen !

Alpha Condé crie aux corrompus et aux corrupteurs, alors que les nids se trouvent sous sa barbe et ils prospèrent et font émulations depuis son élection à la tête de la Guinée en 2010. Il n’empêche que son ministre de la Justice soumette au gouvernement l’examen de l’avant-projet de loi portant prévention, détection et répression de la corruption et des infractions assimilées.

Pour le Garde des Sceaux, l’ampleur du fléau transnational, que représentent la corruption et les infractions assimilées et les graves menaces transversales qu’il véhicule, justifient l’élaboration de ce projet de loi entrant dans le cadre du renforcement de la législation nationale et visant essentiellement la garantie de l’intégrité et de la transparence dans la gestion des affaires publiques, privées et de la société civile.

C’est dans ce contexte que le ministre le Me Sako définira la corruption comme étant un phénomène social d’une incommensurable gravité, qui dérègle profondément le mécanisme normal de fonctionnement des organes et services de l’Etat, ainsi que des entreprises publiques, et porte durement atteinte à l’image de marque des fonctionnaires de l’Etat et à l’attractivité de l’investissement.

Il rappellera par ailleurs que la présente loi et le nouveau code pénal étendent la notion de corruption, conformément aux Conventions des Nations-Unies et de l’Union Africaine ainsi qu’au Protocole de la CEDEAO, principalement à la concussion, l’enrichissement illicite, l’abus de biens sociaux, le délit d’initié, la corruption proprement dite, le trafic d’influence, l’abus ou le détournement des pouvoirs dans l’attribution des marchés publics et autres infractions qui se sont dangereusement et scandaleusement généralisées au point d’être qualifiées de « fléau » .

Un constat se dégage : « l’expérience internationale laisse apparaitre que les textes pénaux sont insuffisants s’ils ne sont pas liés à une action plus large et coordonnée dans le cadre de la moralisation de la vie publique, comportant une action préventive ou de véritables programmes de lutte contre la corruption, s’accompagnant de la mise en place d’un organe spécialisé dans la détection, la prévention et rendant effective la lutte répressive contre la corruption et les infractions assimilées. » Pourvu que le ministre commence par la tête !

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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