Côte d’Ivoire – Migration : « C’est possible de bâtir et de partir de rien »


« Si tu as confiance en toi-même et qu’un projet te tient à cœur, tu peux t’en sortir », affirment deux ex-migrants de retour en Côte d’Ivoire.

Tunis (dpa) – « Six mois après notre retour, on a suivi une formation qui nous a permis de comprendre que c’est possible de bâtir et de partir de rien, et ça nous a redonné espoir », affirment deux ex-migrants de retour en Côte d’Ivoire, après un périple migratoire. Il s’agit de Serge et Bato Bovary, des frères jumeaux de 34 ans, qui ont bénéficié d’une formation en entrepreneuriat, dispensée par la « Fondation africaine pour l’entrepreneuriat et le développement économique » (FAFEDE) et d’un soutien matériel au démarrage de leurs activités. Cette fondation est une ONG, créée en côte d’ivoire, avec l’objectif de promouvoir l’entrepreneuriat en Afrique.

Aujourd’hui, les deux frères Bovary gèrent un atelier de réparation d’appareils électriques dans la commune de Cocody, au nord de la capitale Abidjan. « On est parti en 2018, il y a deux ans. On est passé par le Ghana, le Togo, puis le Nigeria où on a essayé de travailler mais c’était pénible. Ensuite, on est allé au Niger, puis en Algérie où on a travaillé pendant six mois. De là, on a pris le bateau pour rejoindre l’Espagne. Huit mois plus tard, nous avons pris le train pour la France, avec l’idée de rejoindre le Canada. Mais on s’est fait arrêter dans le train entre l’Espagne et la France », se rappelle l’un des frères.

Ces migrants clandestins ont été expulsés au Maroc où ils ont passé trois mois. Puis, ils sont allés en Mauritanie, au Mali, et au Niger, d’où ils ont regagné la Côte d’Ivoire, en octobre 2018. Quand ils ont démarré le travail dans leur atelier, ils manquaient de matériel. Mais, un ami leur a prêté de l’argent, ce qui leur a permis de combler ce manque, témoignent-ils auprès de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM).

Aujourd’hui, ils arrivent à payer le loyer tous les mois, et à se nourrir. De plus, ils pensent à relever le défi des avancées technologiques: « On doit s’adapter pour pouvoir aller plus loin dans notre projet, le faire évoluer et en faire bénéficier ceux qui sont autour de nous ». « Renseigne-toi avant, la vie est pénible là-bas. On a vu l’esclavage et des gens vendre leurs frères pour s’en sortir. Tu peux rester ici et réussir », conseillent les deux frères à tout candidat ivoirien à la migration clandestine. « Même si tu penses ne rien avoir, tu as forcément des connaissances, donc tu peux te baser là-dessus pour entreprendre quelque chose. Si tu as confiance en toi-même et qu’un projet te tient à cœur, tu peux t’en sortir», affirment-ils.

Source: dpa-news.de

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