COUPEURS DE ROUTE : la gendarmerie pointe une complicité parmi les victimes

 
Sur ce coup, la gendarmerie guinéenne aurait mieux de se taire. Mise en cause au même titre que la police dans le cadre du regain d’insécurité que connait le pays, elle réoriente l’accusation vers les victimes de cette insécurité.
A propos en particulier du phénomène des coupeurs de route, le porte-parole de la gendarmerie nationale, intervenant ce matin sur une radio de la place, a évoqué une complicité parmi les victimes des attaques.
Selon Mamadou Alpha Barry qui intervenait depuis Mamou, très souvent, ce sont des proches des victimes d’attaques qui orientent les assaillants vers leurs cibles. Citant un cas récent qu’il a situé à Boffa, il a révélé que c’est un frère de la victime qui s’était déplacé à Conakry pour recruter le commando qui avait perpétré l’attaque. En ce qui concerne, les attaques récurrentes contre les voitures en rase campagne, il pense que c’est au niveau des gares-routières que ce sont des chauffeurs complices des bandits, s’informant sur les biens de valeur ou les sommes importantes que les passagers porteraient sur eux, qui alerteraient les malfrats.
De telles allégations, certainement inspirées par des cas isolés, sont tout simplement ahurissantes. Par ailleurs, cela révèle un manque de professionnalisme de part des services de sécurité guinéens. Il s’agit de services qui, au lieu d’appréhender les problématiques dans leurs dimensions globales, se bornent à des détails qu’on peut facilement balancer à la face du premier citoyen analphabète. Autrement, ce qu’on attend d’un service de gendarmerie efficace, ce n’est pas un diagnostic du problème, c’est l’éradication de la criminalité. Les diagnostics, même s’ils ne sont pas fondamentalement inutiles, devraient ressortir à travers un rapport en bonne et due forme.
Mohamed Sow, www.kababachir.com

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