Coupler les scrutins (2020) peut-il contrer le 3è mandat ?

2020 devrait être logiquement, l’année électorale en Guinée : les législatives et les présidentielles. Envisager de coupler donc ces deux scrutins au moment même où Alpha Condé veut forcer la tenue des législatives, afin de faire passer son projet de référendaire, une fois une majorité enlevée pourrait bien être l’unique croc-en-jambe contre l’octogénaire avancé et ses oisillons.

Alpha Condé « sait bien que les législatives ne sont plus possibles d’ici la fin d’année et que l’actuel fichier électoral n’est nullement fiable, mais il veut certainement bâcler le processus électoral pour s’offrir de force une écrasante majorité au parlement. Il fait le choix de l’affrontement », fulmine un observateur de la scène politique guinéenne.

Pour ainsi limiter les dégâts et rester dans la course – les grands leaders politiques de l’opposition jouent leur dernière cartes avec leur âge avancé (la moyenne est de 69 ans) – l’unique croc-en-jambe qui vaille, « c’est de coupler les élections législatives et présidentielle en juin 2020 (c’est le mois de juin qui a été retenu pour la première élection présidentielle en 2010, il devient donc la référence constitutionnelle pour toutes les élections présidentielles) afin de revenir à la normalité », suggère Alpha Saliou Wann, grand analyse politique.

Pour y arriver, « Nous devons nous atteler à créer les meilleures conditions pour l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles. Il nous reste moins d’un an pour le faire. L’année 2020 doit être pour nous un nouveau départ. »

Aujourd’hui, plus qu’hier, l’opposition dans sa globalité se doit cohérence, subtilité et politique d’anticipation. L’heure est vraiment venue pour mutualiser les efforts, capitaliser les réseaux et consolider les rapports afin, comme un seul homme, l’opposition, les organisations de la société civile et l’ensemble de tous les démocrates se dressent d’abord contre toutes consultation sur une Constitution piétinée, ensuite, contre toute tenue hâtive des législatives. Alpha Condé quant à lui, s’est trouvé son plan B. quitte aux opposants de trouver le leur. A défaut de constater les dégâts.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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