La Cour Pénale Internationale (CPI) écrit au M. Kaba Bachir, Président du CPG – MRG à propos des crimes commis en janvier et février 2007

Le 23 avril 2008, le Bureau du Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) à la Haye a adressé une correspondance au président du Conseil des Patriotes Guinéens (CPG) et du Mouvement pour la Renaissance Guinéenne (MRG) pour faire le point sur la plainte introduite en mai 2007 pour crimes contre l’humanité dont voici la teneur :

« COUR PENALE INTERNATIONALE

Notre référence OTP-CR-133-07

La Haye, mercredi 23 avril 2008

Monsieur,

Au nom du Procureur nous vous remercions de votre communication reçue le 8 mai 2007, ainsi que de tout autre renseignement connexe envoyé subséquemment.

Le Bureau du Procureur procède à l’analyse de la situation décrite dans votre communication en s’appuyant sur des communications connexes et d’autres renseignements disponibles. Au terme de l’article 53 du Statut de Rome, le Procureur doit établir s’il existe une base raisonnable pour croire que des crimes relevant de la compétence de la cour ont été commis, examiner la gravité des crimes, déterminer si des systèmes nationaux enquêtent sur les crimes en question et intentent des poursuites, et considérer les intérêts de la justice. L’analyse se déroulera aussi rapidement que possible, mais nous vous rappelons qu’une analyse approfondie de ces facteurs peut prendre un certain temps.

Dès qu’une décision aura été prise concernant l’existence d’une base raisonnable pour ouvrir une enquête, nous vous en aviserons aussitôt et nous vous fournirons les raisons qui ont motivé la décision.

Si vous désirez en apprendre davantage sur la CPI, vous pouvez consulter notre site Web, au www.icc-cpi.int. Si vous souhaitez en savoir plus sur la façon dont le Bureau du Procureur effectue l’analyse des renseignements, vous trouverez notre document directif et son annexe sur la page web du Bureau du Procureur à partir du lien indiqué précédemment.

Nous vous remercions de l’intérêt porté à la CPI et vous prions, Monsieur, de recevoir nos salutations cordiales,

Chef de l’unité des informations et des éléments de preuve,

Bureau du Procureur »

L’on se souvient il y a neuf ans, le Conseil des Patriotes Guinéens (CPG) et le Mouvement pour la Renaissance Guinéenne (MRG) portaient plainte contre les criminels qui ont osé assassiner nos frères et mutilés des milliers de compatriotes lors des douloureux événements de janvier et février 2007.

A ce jour rien n’a été entrepris pour traduire devant les tribunaux les coupables afin qu’ils répondent de leurs crimes. Les atermoiements du gouvernement guinéen ne sont pas de nature à rassurer l’opinion. Pire, ce problème semble être utilisé au mépris des victimes comme moyen de chantage.

Faut-il rappeler que ces crimes sont imprescriptibles et si rien de conséquent n’est entrepris en Guinée, les auteurs doivent s’attendre à répondre de leurs forfaits devant la Cour Pénale Internationale.

Les initiateurs de la plainte qui ne sont plus à présenter se disent prêts à tout mettre en œuvre pour que justice soit faite et surtout mettre en garde les autorités actuelles contre toute tentative de nouvelles violences qui endeuilleront nos familles lors des prochaines marches de l’opposition qui sont un droit consacré par la constitution.

Comme quoi, à bon entendeur salut et à mauvais entendeur CPI !

Correspondance spéciale de Mafoudia Sylla depuis Rotterdam

 

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