En cette circonstance solennelle, je voudrais m’acquitter d’un devoir de mémoire, en ayant une pensée et en rendant un solennel et vibrant hommage à nos dignes et valeureux aînés qui sont morts pour la patrie et su livrer des combats éclatants, pour faire prévaloir la dignité de la terre sacrée de nos ancêtres et œuvrer à son avènement dans le concert des Nations libres du monde. Une pensée aussi pour le Commandant Yaya SOW ; et tous les détenus politiques militaires et civils qui passeront ces fêtes loin de leurs proches.
Mon vœu le plus cher est qu’ils continuent d’être, pour les générations présentes, montantes et futures, la source intarissable d’inspiration féconde pour la poursuite de l’œuvre patriotique d’édification d’une Guinée nouvelle, démocratique, moderne et prospère.
La Guinée, notre pays, mérite notre amour. Aimer la Guinée, c'est s'investir totalement dans son renouveau, dans son développement et dans son bien-être. Aimer la Guinée, c'est non seulement se préoccuper du sort de sa mère, de son père, de son frère, mais aussi du sort de tous ses compatriotes, quelque soit leur origine ethnique.
L'occasion de la nouvelle année devrait ainsi être pour toute la nation une occasion de réjouissances, où les Guinéens unis dans le patriotisme et la prospérité, se donneraient la main pour fêter ensemble leur destinée commune. Il se trouve malheureusement qu'une caste d’irresponsables, dirigés par Lansana CONTE depuis 21 ans, a décidé de prendre en otage notre pays.
Il est devenu coutume pour Lansana CONTE et à sa horde de brouteurs de la république, de vendre aux Guinéens à chaque nouvel an les bienfaits de la paix. La paix, pour ce Monsieur, semble être un mot vide que l'on peut balancer comme cela à tout bout de champs. Les questions que le Conseil des Patriotes Guinéens (CPG) voudrait voir posées à Lansana CONTE sont les suivantes:
- Les milliers d'enfants guinéens qui meurent de malnutrition dans notre pays chaque année mangent-ils la paix?
- Les Guinéens qui meurent de SIDA dans un pays sans politique de la santé comme le nôtre se soignent-ils avec la paix?
- Les Guinéens qui meurent de paludisme et d'autres maladies banales dans un pays sans hôpitaux décents comme le nôtre se soignent-ils avec la paix?
- Les 95% de Guinéens qui, près de 21 ans après l'arrivée de CONTE au pouvoir, végètent dans une misère indescriptible mangent-ils la paix ?
- Que vaut la paix de CONTE quand on a le ventre vide, quand on est sans travail, sans hôpitaux, sans médicaments, sans routes, sans moyens de communication, sans écoles et sans avenir, justement parce que CONTE et ses complices ont volé tout l'argent qui aurait dû servir à améliorer la vie des Guinéens ?
Mes chers compatriotes,
Comme le dit l’adage « Le loup afghan se chasse par le chien afghan ». Nous devons absolument cette année avec le concours de l’armée mettre un terme à ce régime agonisant qui met en péril la Nation toute entière. C’est donc un leurre de penser que c’est à la communauté internationale de venir nous délivrer du joug de Lansana Conté et de résoudre nos problèmes. La communauté internationale est un pompier qui ne se pointe qu’après l’incendie. Elle va de sommet en sommet, de conciliabules en conciliabules sans résoudre de façon pérenne les problèmes. Inopérant et inefficace ! Souvenez du Rwanda, de la Côte d’Ivoire, du Darfour, de la Bosnie, du Libéria, de la Sierra Léone, du Congo, …
La Guinée est au bord d’une guerre civile que nous pouvons éviter en faisant pour UNE FOIS preuve de COURAGE et de RESPONSABILITE ! Devons-nous attendre comme la communauté internationale d’avoir 100 000 morts et le pays partitionné pour réagir ? Dans ce cas nous mettrons au moins 20 ans pour panser nos plaies et vivre en harmonie avec notre voisin. A chacun de méditer cette question et de prendre ses RESPONSABILITES!
En Guinée, nous avons la triste habitude de nous adapter aux problèmes au lieu de les résoudre. Situation idyllique pour Lansana et sa cohorte. Au Conseil des Patriotes Guinéens (CPG), nous essayons de participer simplement à l’éveil des consciences et refusons :
- Un pays où il faut se barricader derrière des portes en fer dès le crépuscule,
- Un pays où les malfrats font la loi et où les butins sont partagés dans les garnisons militaires ;
- Une capitale dont la rentrée est interdite après minuit du fait de l’insécurité.
- Un pays où les autorités ne respectent pas le suffrage des électeurs où les résultats des élections sont truqués sans vergogne, avec mépris et dédain ;
- Un pays sans eau et électricité alors qu’il est le château d’eau de l’Afrique occidentale ;
- Un pays où il faut surveiller sa marmite au risque de se la faire voler par le voisin affamé ;
- Un pays sans moyens de communications dignes de ce nom. Plus des ¾ des villes n’ont pas une seule ligne de téléphone ;
- Un pays où il faut encore faire aujourd’hui 150 à 250 Km pour téléphoner ;
- Un pays où les responsables sont inconscients de leur inconscience ;
- Un pays où règne la médiocrité et les médiocres ;
- Un pays où la jeunesse est déboussolée, désemparée cherchant frénétiquement un visa pour des cieux plus cléments. A défaut on se contentera à ses risques et périls du train d’atterrissage d’un avion, des cales d’un navire, d’une malle ou un container affrété dans une soute d’avion. Tout est bon pour quitter ce paradis d’antan où il faisait bon de vivre transformé en enfer par ses fils.
- Un pays où des voleurs comme Mamadou SYLLA et consorts sont présentés en modèle et vénérés. Heureusement que le ridicule ne tue pas !
- Un pays où le Ministre de la Santé refuse un don de matériels hospitaliers de plus de 12 tonnes offerts gracieusement par le Conseil des Patriotes Guinéens (CPG) à cause de nos prises de positions. Le container de 40 pieds est toujours en souffrance au quai N° 21A du port d’Anvers.
Chers compatriotes,
La solution, pour gagner la paix et amorcer le développement de notre pays n'est donc pas de laisser Lansana CONTE mourir au pouvoir. La solution, c'est son départ immédiat au besoin par la force, car 21 ans, c'est déjà trop ! L’année 2006 sera j’en suis convaincu celle du changement.
Chers compatriotes,
Devant la Nation en péril, la Nation déchirée et meurtrie, la Nation objet et victime de toutes sortes de convoitises et de misère, j'en appelle à l'union de tous ses fils et filles, quels qu'ils soient et où qu'ils se trouvent. J'en appelle aux Forces Armées, à la Police Nationale, aux Forces de Sécurité et à toutes les forces vives pour mettre un terme au régime honni de Lansana CONTE et défendre le territoire national. J'en appelle également aux hommes politiques, aux religieux, aux travailleurs, aux femmes guinéennes, à la jeunesse, aux pays amis et aux étrangers qui ont choisi de vivre avec nous, à participer à l'édification d'une Guinée nouvelle, paisible, unie et prospère, dans la communion et la réconciliation de tous.
La sagesse nous dicte aujourd’hui le réalisme. L’heure n’est pas au populisme ou à la démagogie. Notre devoir à tous est de préparer la Nation à relever les défis du présent et de préparer l’avenir. Car nous devons vaincre la pauvreté, la maladie et l’ignorance.
Permettez-moi au nom de tous les patriotes guinéens et des amis de la Guinée, de vous souhaiter une fois encore une bonne et merveilleuse année 2006 !
Que Dieu bénisse et protège la République de Guinée !
Bruxelles, le 31 décembre 2005
Bachir KABA
Président du Conseil des Patriotes Guinéens (CPG)
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