Crash de Charm el-Cheikh : la justice française ordonne un non-lieu

Le juge chargé de l’enquête en France sur le crash d’un avion à Charm el-Cheikh (Egypte) en 2004 a ordonné un non-lieu. Le drame avait fait 148 morts dont 134 Français.

« Une ordonnance de non-lieu a été rendue le 11 juillet mais nous avons fait appel », a expliqué lundi Me Jean-Pierre Bellecave, une information confirmée par son confrère Gérard Montigny.

Le juge a suivi les réquisitions du parquet de Bobigny qui avait demandé un non-lieu en janvier 2016, estimant que l’enquête ne permettait « pas de retenir d’autre hypothèse que celle des fautes imputables à l’équipe de pilotage », décédée dans l’accident de la compagnie égyptienne à bas coût Flash Airlines.

La justice charge les pilotes

Le parquet avait ainsi pointé du doigt de « nombreux manquements », des « calculs approximatifs » et des « analyses sommaires entraînant de mauvaises décisions » de la part des pilotes.

Le 3 janvier 2004, l’appareil de la compagnie égyptienne à bas coût s’était abîmé trois minutes après son décollage de la station balnéaire, à destination de Paris.

L’enquête judiciaire pour « homicides involontaires » avait été ouverte le jour de la catastrophe. Elle avait donné lieu à 37 tomes de procédure, sans qu’aucune mise en examen ne soit prononcée.

Les familles des victimes commémorent les 10 ans en 2014

Pour Me Bellecave, qui estime que l’enquête doit se poursuivre et qu’un procès doit avoir lieu, « il n’y a pas eu de mesure d’instruction contre les dirigeants en Egypte, alors qu’il était établi que cette compagnie avait commis un certain nombre de manquements ».

L’avocat reproche à la justice d’avoir « laissé dormir le dossier ». Une action judiciaire est en cours au civil pour « mauvais fonctionnement du service public de la justice », a-t-il déclaré.

Un rapport d’experts avait critiqué la compagnie

Son confrère Me Gérard Montigny, qui représente lui aussi l’association, estime de son côté que « les magistrats sont dans une situation de paralysie », « les Égyptiens n’ayant pas coopéré ».

En 2009, un rapport d’experts avait souligné l’insuffisance de la formation des pilotes et dénoncé les « manquements » de la compagnie.

La formation du pilote n’aurait pas respecté les normes en vigueur et son « expérience précédente et sa courte formation en ligne ne permettaient pas un lâcher immédiat dans la fonction de commandant de bord », estimaient les quatre auteurs du document, dont un ingénieur en aéronautique. Les experts avaient aussi relevé la « fatigue » due au temps de service des deux pilotes lors des deux semaines précédant le crash.

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