Crise démocratique : la société civile se réveille-t-elle ?

La société civile guinéenne se réveille de sa longue torpeur. Elle qui s’est longtemps endormie sur ses faux lauriers veut se faire voix dans la crise qui secoue depuis bien des années, la Guinée, à cause notamment de l’absence de dialogue fructueux et sincère entre pouvoir et opposition. L’un est caractérisé par le mépris, la seconde, par l’entêtement. Conséquence : le pays court dans le chaos, l’implosion et donc l’immobilisme.

Lors d’une récente sortie médiatique, Dansa Kourouma déclare : « Notre démarche avec les partis politiques ce n’est pas pour annuler ou maintenir la marche, on ne peut pas demander à quelqu’un de renoncer à un droit. D’abord juridiquement c’est permis et politiquement c’est le seul moyen qu’il a pour mettre la pression, nous-mêmes nous avons remarqué que le gouvernement ne cède que quand il y a la pression, donc nous nous essayons à ce que cette pression soit une pression positive, que cela s’organise dans le respect des autres, que chacun puisse vaquer tranquillement à ses affaires. Sans que la marche ne l’en empêche. La deuxième chose que nous voulions obtenir, ce que le dialogue politique peut nous permettre d’obtenir s’il est sincère, pourquoi aller marcher si on peut avoir ce résultat autour d’une table ? »

Jamais, de mémoire de Guinéen, une telle vérité n’aura été dite de la part de la société civile guinéenne. Une organisation qui ne souciait jusque-là que de positionnement dans les sphères administratives de l’Etat : préfet, ministre, gouverneur, etc. C’est dire que ce réveil de la société civile pourrait donner du grain à moudre aux acteurs politiques qui bloquent la marche normale de la démocratie guinéenne. Mais, faudrait-il continuer à mettre la pression. Sinon, c’est un coup d’épée dans la mer.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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