Crise politique : Faya Milimono veut-il faire machine arrière ?

Certes, le Bloc libéral n’est « pas là pour subir la dictature de qui que ce soit, nous aussi, nous existerons en dehors de l’opposition républicaine », mais, ce parti semble regretter son départ avec fracas de l’opposition républicaine. Faya Milimono semble rêver de faire machine arrière.

Mesquinerie de côté, le président du BL s’est vite senti à l’étroit, comprenant à ses dépens que le consensus prime toujours sur l’opinion personnel dans un contexte démocratique comme le nôtre. Faya Milimono s’est habitué à claquer la porte à chaque fois qu’il peine à trouver le bon bout dans les discussions au sein de l’opposition. Certainement, pour draguer le pouvoir, parce que, selon des rumeurs persistantes, il guettait la place d’Ibrahima Kourouma au Pré-universitaire, mais sans succès. Il est donc au milieu du gué. Il a claqué la porte du dialogue le 6 octobre, alors que les échanges entre parties prenantes – une centaine de partis politiques et des représentants de l’UFR et du PEDN sont concernés – suivaient leur cours. Faya Milimono s’est donc révélé comme l’un des leaders politiques les plus tentés par la porte que la table des négociations.

Cette attitude fait de lui un perturbateur multirécidiviste. Du moins, c’est ce que laisse entendre Aliou Condé, le secrétaire général de l’UFDG dont le parti a maille à partir avec le BL. « Nous sommes seulement désolés que cela arrive », regrette Aliou Condé. Et de charger le patron du BL « A chaque fois nous avons le dialogue, c’est avec Faya qu’on a des problèmes. Ce n’est pas la première fois. Au Novotel, avec l’OIF, c’était la même chose. Au palais du peuple en 2013 c’était également la même chose et cette fois-ci encore, il a fait la même chose. » Pourtant insiste le SG de l’UFDG, « On ne peut pas appartenir à un groupe et dire que c’est ce que vous voulez seulement qui soit là. »

De toute évidence, Faya avait assisté à la rencontre d’avant, il n’y avait donc pas de raison qu’il tente de se soustraire de la solution commune. Il avait adopté avec ses pairs, toutes les modifications apportées au cours de la rencontre organisée au QG de l’UFDG, à Hamdallaye. A force donc d’habituer ses pairs aux départs anticipés, Faya est perçu comme un politicien inconstant. Il souffre actuellement de ces choix hasardeux. C’est dire que s’il se repenti en voulant revenir parmi les siens, les portes devraient lui être largement ouvertes. A moins que l’orgueil ne le lui empêche.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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